Critique de Super

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.8/5 (4 votes cast)

 

Super

De James Gunn

Avec Rainn Wilson, Ellen Paige, Liv Tyler, Kevin Bacon

Etats-Unis – 2011 – 1h36

Rating: ★★★★★

 

Frank est un homme normal, sans histoires, marié à une ancienne toxicomane. Il n’a pourtant pas vraiment de vie car il considère n’avoir eu seulement deux moments, souvenirs heureux : le jour de son mariage et l’indication à un policier de la direction de fuite d’un délinquant. Sa vie bascule lorsque sa femme retombe dans ses travers et le quitte pour un dealer.

De là Frank cherche à nouveau un sens à la vie, d’où la mise en place du tourment qui amène peu à peu à la création d’un super-héros. Kick-Ass, réalisé l’année dernière par Matthew Vaughn, utilisait le même procédé narratif avec la même ambiance d’humour potache bien écrit avec l’éternelle interrogation moderne : pourquoi de vrais super-héros n’existent-ils pas ? James Gunn y répond par l’absurde, à la différence de la réponse très solide de Kick-Ass. Il en va de situations cocasses, d’abord avec le dealer et les flics, puis de la création du costume et de l’arme ridicule (une clef anglaise) enfin de la lutte contre le crime, que dis-je, le mal. En effet le héros créé par Frank, l’Eclair Cramoisi, s’attaque à tout le monde ! Dealers, voleurs, pédophiles et même ceux qui doublent dans les files d’attente. Et cela progresse quand il se découvre un sidekick, en la personne de Libby, vendeuse dans un magasin de comics. Jouée par la ravissant Ellen Paige, même en short jaune à faire la folle sur-motivée, elle reste sexy, elle est celle qui initie Frank aux comics et notamment ceux de super-héros. Même si Frank connaissait déjà le Vengeur Sacré…

 

Le Vengeur Sacré est la version super-héros religieuse, diffusant la bonne parole et la morale, dans une série télévisée regardé par Frank. De là on peut comprendre et suggérer que la croyance, quelle que soit, a son importance dans le long-métrage. D’une croyance des médias (lorsque les journaux ou la télévision relatent les actions de l’Eclair Cramoisi par exemple) poussant même l’idée que les paroles proférées par le héros de la série télévisée chrétienne trouve directement un écho à la vie de Frank, qui se croît d’ailleurs touché du doigt de Dieu. Voici par conséquent la seconde croyance, celle en Dieu, d’ailleurs Frank dit avoir eu dans sa vie à plusieurs reprises, des visons de Jésus et de démons. Du départ de sa femme, Frank s’en remet à prier pour avoir un signe de Dieu. Il s’ensuit de la croyance en l’homme, si Sarah s’est marié avec Frank c’est qu’elle pensait qu’il pouvait la sauver, ce qu’il essaie de faire au risque de sa vie. Il en est de même avec Libby, qui voit dans l’Eclair Cramoisi, une possibilité de sortir de l’ennui de sa vie de jeune adulte, avec même du fétichisme… Il est évidant alors qu’avoir conscience d’autrui donne obligatoirement du sens à sa vie, vu que c’est un film, Frank sauvant la brebis égarée Sarah, relève de la religion et de l’humanisme existentiel. Il s’en suivra de la croyance en l’art. Au départ, tel dit au-dessus, Frank considère avoir eu deux moments importants dans sa vie, qu’il dessine d’ailleurs et colle sur son mur, au fur et à mesure le mur sera rempli, tels des cases de bande dessinée, ou des fresques préhistoriques, c’est donc une expérience artistique en soit.

Super, est un film de super-héros qui n’est pas un film de super-héros, plutôt une comédie de genre bien plus émouvante et plus profonde que Kick-Ass (vous aurez peut-être la larme à l’œil à la fin), qui nous dit que de toute façon les hommes ne sont jamais prêts, mais vraiment jamais prêts pour les choses qu’ils affrontent, il y a deux choix : faire ces choses ou ne pas les faire. Serait-ce une définition du courage ?

 

Hamburger Pimp

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

Critique de Black Swan
Darren Aronofsky métamorphose Natalie Portman dans son dernier film, et ça touche au chef d'oeuvre!
Critique: New York 1997" style=" background: transparent url(http://www.celluloidz.com/./wp-content/uploads/2014/10/NEW-YORK-1997-150x150.jpg) no-repeat scroll 0% 0%; width: 150px; height: 150px; ">
Critique: New York 1997
My name is Plissken
Critique: Ghost Theater [L’Étrange Festival]
Puppet master

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…