Critique de Stake Land

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Rating: 3.8/5 (4 votes cast)

 

Stake Land

de Jim Mickle

avec Nick Damici, Connor Paolo, Kelly McGillis, Danielle Harris et Michael Cerveris

Etats-Unis – 2010 – 1h38

Rating: ★★★★☆

 

Après un été sans la moindre bande horrifique de qualité (même rayon DTV ce fut vache maigre), l’automne promet d’être sanglante. Ainsi, le 4 octobre débarque en DVD le fameux Stake Land de Jim Mickle, en compétition à l’Étrange Festival de Paris cette année.

Dans une Amérique post-apocalyptique où les survivants doivent composer avec des hordes de vampires et des groupuscules extrémistes, le jeune Martin qui a survécu au massacre de sa famille, fait route avec Mister, chasseur de vampires solitaire, pour trouver New Eden, dernier lieu sûr du territoire.

Au vue des métrages de plus ou moins bonne qualité qui fleurissent régulièrement, le film de vampire a fini par perdre en originalité le vampire amoureux, le vampire sensuel, le vampire mutant, autant de motifs qui semblent se répéter avec plus ou moins de variantes. Jusqu’à Stake Land. Ne se limitant pas à la figure du suceur de sang, Jim Mickle, qui a co-écrit le scenar avec Nick Damici (qui interprète l’intriguant Mister), s’amuse à prendre le motif à contre-courant: pas de belle chemise à jabot, pas de délicate morsure dans le cou, pas d’attraction viscérale, les vampires tiennent plus du mort-vivant, qui dévore comme un zombie, qui chasse comme un animal. Le duo s’approprie un motif que l’on pouvait croire éculé, et parvient à le faire innover dans un univers pourtant couramment utilisé ces dernières années, le post-apocalyptique.

Dès la scène d’intro, la première attaque, Stake Land pose d’entrée de jeu le décor: personne n’est épargné par le fléau, tout le monde peut mourir. Mais rapidement, la menace des vampires devient secondaire face au réel danger auquel vont rapidement être confrontés nos protagonistes, celui des sectes et autres extrémistes religieux qui profitent du chaos ambiant pour faire régner leur loi. A la violence des attaques de vampires répond la sauvagerie des exactions de la Fraternité, qui, sous couvert de religion, imposent par la force, sa conviction, devenant seul vecteur de pouvoir, dans un pays laissé à l’abandon par les politiques. Comme tout bon scenario post-apo, Stake Land n’en oublie pas de questionner l’humanité et les restes de conscience morale qui auraient pu, ou non, subsister après la chute de la société.

 

Puisant dans la mythologie démonologique, Mickle étaye sa figure du vampire, tout en lui conférant des caractéristiques habituellement prêtées aux zombies. A l’origine de la fin du Nouveau Monde, ils ont semé la mort ou transmis leur état comme un virus: « Mourir ou pire, mourir et revenir » nous prévient , Martin le héros dans la scène d’intro. Les vampires sont des morts-vivants, des bêtes, des animaux, bien que les vrais monstres demeurent ceux qui profitent de la situation. Multipliant les scènes intimistes dressant à la fois le portrait de ses protagonistes et décrivant l’organisation des survivants, Mickle sait insuffler des vrais moments de tensions, voir d’horreur pure, injectant un rythme plus soutenu par intervalle régulier, alimentant au passage de nombreux revirements de situations et autres effets de surprise, gardant son spectateur en haleine.

En dépit de son petit budget, et à l’instar de Monsters de Gareth Edwards, Stake Land bénéficie d’effets spéciaux d’une incroyable qualité, utilisant aussi bien des CGI de très bonne facture que des maquillages et autres mannequins tout à fait réalistes. Une preuve encore que le ciné de genre indé déborde de savoir faire et de débrouillardise et ainsi qu’il n’y a pas besoin de budgets de la taille d’un PIB pour réussir à faire un film superbe, sans autre prétention que celle de raconter une histoire et de le faire bien.

 Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.