Critique de Restless

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Rating: 2.3/5 (3 votes cast)

Restless

De Gus Van Sant

Avec Henry Hopper, Mia Wasikowska

Etats-Unis – 2011 – 1h35

 Rating: ★★★★☆

Enoch est un jeune adolescent qui a perdu ses parents lors d’un accident de voiture. Il pense avoir été mort durant trois minutes  lors de l’accident. Après trois mois de coma, il se réveille, ayant raté l’enterrement de ses parents, il décide de squatter les enterrements de la ville et désormais son seul ami est un soldat japonais kamikaze de la Seconde Guerre mondiale, Hiroshi. Lors de ses errances funéraires, il tombe sur Annabel, une jeune fille mystérieuse…

Fidèle à son style des années 2000, excepté Harvey Milk, Gus Van Sant met en scène des jeunes adolescents fluets et beaux, dans un décalage de teen movie. D’ailleurs cela commence comme une comédie romantique, c’est-à-dire une rencontre en 5 étapes : regard, communication orale, contact tactile, premier baiser et acte sexuel. Mais cette comédie est teintée de mort, Annabel a une tumeur au cerveau incurable, elle s’intéresse aux animaux aux vies courtes tels que les oiseaux chanteurs ou les scarabées charognards. De plus, ces jeunes semblent être devenus adultes avant l’heure, d’une part par cette confrontation à la mort et d’autre part par leur style vestimentaire rétro années 30 (comme jouer au badminton en pantalon et chapeau), serait-ce une allusion à la crise de cette époque en écho à la notre actuellement ? Ou tout simplement pour donner un côté chic et décalé à ces jeunes dans notre monde occidental postmoderne ? En tout cas, le réalisateur aime ces personnages car il veut par dessus  tout les montrer comme des adolescents différents. Ajoutons aussi que dans toute comédie romantique, le couple se trouve toujours confronté à un troisième personne, en l’occurrence le soldat japonais Hiroshi qui n’est vu que par Enoch, mais pourtant contre lequel il se battra.

Pour une marque de genre, un fantôme que l’on voit jouer à touché-coulé, est-ce insuffisant ? Cela pourrait bien… Le cinéaste américain fait  se dérouler  son histoire en automne, à l’époque d’Halloween, dont les déguisements et faux-semblants s’apparentent  ici au jeu de rôle d’Annabel, où elle se dit être l’esprit de la forêt où les deux jeunes se sont réfugiés la nuit. Il y intègre des motifs de brouillard, de flou et de fumée dans la nature, pour y suggérer l’élégie « chant de mort poétique », un de ses thèmes favoris, qui en appelle à la fois à la tristesse (la mort étant l’ombre des personnages) et aussi à la tendresse (nous voyons une histoire d’amour). Et cette histoire se finit en hiver, avec une neige mortifère où en fond sonore on entend une déclaration d’amour, celle qu’Hiroshi, le fantôme japonais, n’avait réussi de son vivant à donner ( il sera même vu à la fin par Annabel).

Bref, ce film d’auteur aux marques fantastiques, montre le passage de l’adolescence à l’âge adulte pour Enoch, joué par Henry Hopper (fils de feu Dennis Hopper, repose en paix l’artiste) qui peine à convaincre lors d’ excès de colère, mais qui à la fin du film ira à l’enterrement d’un proche et fera même un discours. Par conséquent je me permets de me reciter, du moins citer une référence de mes précédents écrits sur Celluloïdz, celle sur Six feet under :

« – Pourquoi meure-t-on ?

– Pour profiter de la vie avant. »

Oui c’est peut-être un conseil facile, mais c’est comme ça et ne vous inquiétez pas, la mort est dure pour tout le monde.

 

 

Hamburger Pimp

 

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…