Critique de Redline [L’Etrange Festival 2011]

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Redline

De Takeshi Koike

Avec les voix de Takuya Kimura, Yû Aoi et Akemi

Japon – 2009 – 1h40

Rating: ★★★★☆

Attendu dans la capitale depuis sa projection au festival d’Annecy de 2010, Redline arrive dans la sélection officielle de l’Etrange Festival. Une occasion parfaite de découvrir sur grand écran cet anime complètement fou de Takeshi Koike (World Record dans Animatrix) avant sa sortie DTV en octobre chez Kaze. Quelque part entre La Course à la mort de l’an 2000 et Métal Hurlant, Redline est une histoire de course futuriste basée sur une idée de Katsuhito Ishii (The Taste of Tea et le segment anime de Kill Bill : volume 1).

Au volant de sa Trans Am jaune, JP «le Gentil» est un pilote casse-cou, larbin d’un mafieux qui trafique sa cote de pari en permanence. Qualifié pour la prestigieuse Redline, une course sauvage qui se déroulera clandestinement sur la planète Roboworld, JP va devoir faire face à des concurrents hargneux (dont la jolie Sonoshee) mais aussi des autorités locales hostiles qui déclarent la guerre aux pilotes.

Version adulte du studio Ghibli, Madhouse frappe à nouveau un grand coup dans le paysage de la japanime avec ce film nerveux qui a nécessité cinq années de travail. Mené à un rythme hypersonique, Redline dépasse les dernières tentatives du genre (Speed Racer, Death Race) par son inventivité permanente (les idées folles fusent à la vitesse grand V) et la qualité de son animation permettant tous les délires visuels comme des étirements extrêmes de la perspective lors des accélérations des bolides ou tout simplement la variété des faciès et comportements des peuples extraterrestres exposés (comme un Star Wars sous coke et amphétamines).

Reprenant les codes imposés par la séminale Course à la mort de l’an 2000 de Paul Bartel (starification des concurrents, omniprésence des médias, sociétés violentes), Redline amplifie les préceptes du futurisme tels qu’exposés par Marinetti au début du siècle dernier (apologies de la vitesse et de la machine) jusqu’à leur explosion totale. Ici, les véhicules deviennent de nouvelles enveloppes charnelles dont le héros JP devra se libérer non plus pour gagner la course mais pour gagner l’amour de Sonoshee lors du franchissement de la ligne d’arrivée la plus improbable mais aussi la plus poétique qu’il soit.

Œuvre aussi spectaculaire que sensitive, Redline est une décharge d’émotions visuelles qui pourrait permettre à Madhouse de doubler définitivement Ghibli sur le terrain de l’imaginaire. Cela valait donc le coup d’attendre.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».