Critique de Prime Cut (Carnage)

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Rating: 4.5/5 (2 votes cast)

 

Prime Cut

de Michael Ritchie

avec Lee Marvin, Gene Hackman et Sissy Spacek

Etats Unis – 1972 – 1h26

Rating: ★★★★☆

 

Nick Devlin (Lee Marvin), homme de main du milieu à Chicago est envoyé à Kansas City, pour réclamer sa dette à Mary Ann (Gene Hackman), un ancien partenaire à la tête d’un abattoir servant de couverture pour son business de prostitution. Sur place, Devlin arrache de ses griffes la jeune et frêle Poppy (Sissy Spacek). Mais Mary Ann est déterminé à se débarrasser de son vieil ennemi.

Sorti en plein essor du Nouvel Hollywood (courant de la fin des années 60 prenant racine dans le ciné indé), Prime Cut a beau être un film de studio (il est produit par la Paramount), cela ne l’empêche pas de reprendre les grandes lignes dudit courant issu de la contre culture. Violence, tabous brisés, personnages borderline, Prime Cut épouse les codes du courant. Son personnage principal tout d’abord, interprété par le badass le plus classe du cinéma, le badass à principes, Lee Marvin, se trouve être à la fois vecteur d’une certaine morale, notamment envers les femmes, mais n’hésite pas à dézinguer à tour de bras et sans remord les hillbillies qui entourent Hackman. De même, les sujets traités, comme la traite des blanches, la mafia, la drogue, sont très présents dans le Nouvel Hollywood.

Réalisé par Michael Ritchie, qui signa la même année Votez McKay (The Candidate) avec Robert Redford (qui comme Gene Hackman, fait partie des acteurs emblématiques du Nouvel Hollywood), Prime Cut  possède à la fois un côté très moderne, tout en gardant par moment un esprit très rétro. La modernité se ressent de par son sujet même (le côté film de mafieux), le traitement de celui-ci (ça canarde autant que dans La Horde Sauvage), et la mise en scène choisie (on sent l’influence d’A bout de Souffle dans certaines scènes de fusillades, la dernière notamment). Le côté rétro réside dans le caractère old school de Marvin, gentleman sauveur de ces dames, en costard impeccable, figure paternaliste, prenant sous son aile Sissy Spacek, qui ne voit en lui qu’un potentiel amoureux. Galant et protecteur, Devlin s’oppose en tout point au personnage de Mary Ann, jusque dans leur conception de la femme. Véritable enflure misogyne, Hackman traite les femmes comme du bétail, à l’exception de son épouse Clarabelle, qu’il chouchoute comme une reine, alors qu’elle n’est en réalité qu’une femme vénale et volage. Ironiquement, elle est la seule femme que Lee Marvin ne traite pas avec courtoisie. On retrouve également dans l’influence de films plus classiques comme La Mort aux Trousses, à la différence qu’à la place d’un avion, Ritchie met en scène une moissonneuse batteuse, probablement la scène la plus emblématique du film.

En avance sur son temps de part sa violence, tout en maitrisant les codes du genre qu’il épouse, film de studio tout en restant dans l’esprit Nouvel Hollywood, Prime Cut fait partie de ces petits trésors oubliés qu’il est toujours plaisant de découvrir, même 40 ans après sa sortie.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.