Le 11 septembre 2001 en 10 Films



Oui, au jour du 12 septembre 2011, 10 ans après les attentats à New York, on peut se demander si « le monde a changé », du moins cela a changé dans le monde occidental, car c’était la toute puissante Amérique qui était touchée. Cela a donné quelques changements dans le cinéma américain, avec notamment des œuvres majeures que l’on va répertorier de suite.

World Trade Center d’Oliver Stone, 2006


World Trade Center

En perte de vitesse, le réalisateur américain contestataire met en scène un film populiste et sans trop grande réflexion. Suivant deux policiers appelés en secours, qui finalement seront les secourus, il y a une ambiance de film de captivité fantastique, comme si les protagonistes étaient à l’intérieur d’un ventre de dragon : les tuyaux cassés sont des viscères et les explosions précédés ou suivis de tremblements sont tels des grondements animaux qui cracheraient du feu. Film métaphysique ? Pas vraiment, film de guerre ? Non plus même si tous les motifs y sont. Un film émotionnel nous est donné à voir, 5 ans après la tragédie, on attendait mieux.


Vol 93 de Paul Greengrass, 2006

Vol 93

Le réalisateur britannique décide de suivre le vol détourné par les terroristes qui ne touchera jamais sa cible et qui s’est écrasé en Pennsylvanie. Capté quasiment en temps réel, le film dure 1h45 qui est la durée approximative du vrai vol 93, c’est une ambiance de suspense et de thriller, filmé au plus proche des personnages, quasi-anonymes. Il y est une spirale de la tension, qui sûrement était proche de celle vécue ce jour-là aux Etats-Unis. Par contre, il n’y a toujours pas de réflexion, étant donné que Greengrass choisit une approche documentaire de l’évènement.


La Guerre des Mondes de Steven Spielberg, 2005

La Guerre des Mondes

Spielberg avait déclaré que si le 11 septembre 2001 n’avait eu lieu aux Etats-Unis tel que l’on avait vécu, il n’aurait jamais fait l’adaptation du chef d’œuvre de H.G Wells. L’ambiance est post-11 septembre, on se demande si les attaques perpétrées par les aliens sont en fait des actions terroristes, on relève tous les motifs relatifs à l’évènement de New-York (panneaux des disparus, tempête et nuage de cendres en ville, un avion écrasé…) pour les inclure dans ce film moderne, quoique un peu larmoyant. Néanmoins Steven Spielberg réalise un excellent long-métrage inspiré de la tragédie terroriste, la réflexion germe avec la présence de l’armée en ville ou ailleurs, l’ombre de l’Irak…


Cloverfield de Matt Reeves, 2008

Cloverfield

Docu fiction, docu menteur, sur des images d’un New-York qui n’existe plus, c’est maintenant « Cloverfield », le champ de trèfle. En l’espace d’une nuit, une attaque extraterrestre décime New York, dont les habitants croient encore à une attaque terroriste. Filmé à l’échelle humaine, avec histoires d’amour et tout le tralala, Le réalisateur reprend certains motifs de l’événement de 2001 mais aussi de l’offensive en Irak : des militaires en tenue du désert et la Statue de la Liberté à la tête coupée (telle la statue de Saddam Hussein). Et de plus, il use de tous les moyens de déplacement de la grande pomme avec des séquences dans le métro, dans les gratte-ciels, les centres commerciaux (critique du capitalisme ?), hélicoptères et autres ; On avait souvent pensé que la boucle était bouclée avec ce film sur la tragédie de septembre…


Land of Plenty de Wim Wenders, 2004

Land of Plenty

La rencontre entre une nièce et son oncle en Californie dans une ambiance paranoïaque, un sans-abri arabe tué de sang-froid, oscille entre contemplation et polar. En effet l’oncle, vétéran de la guerre du Vietnam, pense qu’il est en son devoir de protéger son pays, en sillonnant l’Etat ensoleillé à bord de sa camionnette. Quant à sa nièce, Michelle Williams pour la première fois repérée chez un grand réalisateur, revenant d’Israël ; elle apparaît peut-être un peu trop pure et angélique. Certes, le binôme d’enquêteurs se nourrit d’oppositions mais la fin est trop longue.


24 heures avant la nuit de Spike Lee, 2003

La 25 eme heure

Drame intimiste construit comme un polar, un dealer va se retrouver en prison, on voit ses derniers 24 heures de liberté entre ses amis, sa copine, son père et l’interrogation de savoir qui l’a balancé aux flics. Le film, fait par sûrement le plus new-yorkais des réalisateurs après Woody Allen, montre les 5 quartiers de New-York, ses habitants stéréotypés (la séquence Fuck you du miroir, un bijou), soutenu par une tension de film noir aux couleurs tristes et froides. Des acteurs éblouissants de justesses : Edward Norton le dealer symbole de l’illégalité, Barry Pepper en trader symbole de surabondance et prémonitions de la crise et Philip Seymour Hoffman professeur symbole d’une sagesse brisée. Sûrement le chef d’œuvre sur la question.


11/09 de Jules & Gédéon Naudet et James Hanlon, 2001

11/09

Ce documentaire possède l’unique image du premier avion dans les tours jumelles. Au départ simple documentaire sur un bleu entrant dans une caserne de pompiers new-yorkaise, le documentaire se transforme en reportage de guérilla urbaine, touchant à l’universel (la mort, la crainte de la disparition, les ruines, l’homme face à lui-même et autrui). Cela se veut surtout un témoignage, une commémoration, mais aussi que bizarrement soit-il le hasard fait bien les choses, non pas vraiment…


L’Interprète de Sidney Pollack, 2005

L'Interprête

Dernier film du maestro américain, auteur des Trois Jours du Condor, c’est un long-métrage policier traitant d’un attentat qui n’est pas encore perpétré, sur un dictateur africain, pouvant rappeler le zimbabwéen Robert Mugabe. Film se déroulant à New-York, beaucoup de panoramiques sur les bords de Manhattan où étaient situées les tours jumelles, il se révèle de bonne facture surtout parce que les héros sont Sean Penn et Nicole Kidman, au meilleur de leur forme. On retiendra néanmoins la séquence de filature-attentat dans un bus.


Je suis une légende de Francis Lawrence, 2007

Je suis une légende

Adaptation ratée du livre de Richard Matheson, d’ailleurs le plus mauvais film de la sélection, on suit les mésaventures d’un Will Smith seul au monde, à New-York. Pourtant la première séquence du film, un quasi-safari où notre héros chasse la biche à bord d’une voiture de luxe, promettait quelque chose d’original. On ne sait vraiment ce que sont les méchants, mi-zombies mi-vampires, un chien c’est toujours bien pour un homme seul, mais Will Smith n’est pas un acteur qui peut jour tout seul, la dimension du film est plutôt religieuse alors que l’œuvre original se plaçait dans l’uchronie. On retiendra des plans bien fichus de New-York en ruines.


The Dark Knight de Christopher Nolan, 2008

The Dark Knight

Rappelez-vous le premier plan du film, un travelling avant sur la fenêtre d’un building qui est détruite de l’intérieur. En effet, si Batman est le plus dur et dangereux des super-héros, il faut bien voir comment il réagit aux actions terroristes, qui ne sera pas Oussama Ben Laden mais le Joker, surnommé terroriste dans le film. Car ce volet sur la chauve-souris traite de chaos urbain et d’équilibre précaire par le biais du microcosme Gotham City (= New-York plus ou moins). Et d’un héros d’une telle ampleur, un méchant de toute aussi grande ampleur, magnifique Heath Ledger en chien enragé limite anarchiste et fan de l’happening morbide, le méchant par l’absurde, contrairement à ceux de notre réalité à qui nous donnons du sens, mais Al-Qaïda a vraiment du sens ? Second chef d’œuvre de la sélection.



Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…