Critique d’Endhiran, Robot The Movie

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Enthiran

De S. Shankar

Avec Rajinikanth, Aishwarya Rai et Danny Denzongpa

Inde – 2010 – 2h55

Rating: ★★★★☆

Après dix années de travail, le professeur Vaseegaran a mis au point Chitti, un androïde à son image. Merveille de technologie, le robot sait se battre et danser (très important en Inde) et ses facultés d’apprentissage sont sans limite. Ainsi, lorsqu’il parvient à assimiler les sentiments humains, Chitti tombe amoureux de la fiancée de Vaseegaran (en même temps, on le comprend puisqu’il s’agit d’Aishwarya Rai, superstar de Bollywood et Miss Monde 1994). Et lorsqu’un concurrent malintentionné du professeur s’en mêle, la machine va échapper à tout contrôle et semer la panique.

Le cinéma indien c’est comme la bouffe indienne : ou ça passe et on en redemande, ou ça ressort par où c’est rentré. Interprétation limite, durée interminable, intrigue improbable ponctuée de passages musicaux dansés et de références religieuses sans oublier un sens du kitsch qui dépasse les limites de l’entendement : les films Bollywood réclament du spectateur occidental une ouverture d’esprit bien plus large que pour le reste du cinéma asiatique. Alors, quand il s’agit d’un film Kollywood, la branche tamoule encore plus dévaluée que celle de l’industrie hindi, le seuil de tolérance avoisine le zéro absolu. Pourtant, avec son budget de 40 millions de dollars, le plus gros pour un film indien, Endhiran, Robot The Movie pourrait bien changer la donne et devenir, à la manière de Kuch kuch hotai hai, une œuvre culte qui saura faire le plein de nouveaux fans.

Gavé d’effets spéciaux tous réussis à 85 % maximum, et dont certains ont été signés par l’écurie de feu Stan Winston (Terminator), Endhiran recycle à la sauce biryani tous les films importants de robots et autres créatures artificielles sortis des studios hollywoodiens depuis Frankenstein jusqu’à la saga Matrix. Commençant façon L’Homme bicentenaire, le film s’attache en premier lieu à présenter Chitti sous un angle comique. Avec son look rock’n’roll, quelque part entre Elvis Presley et Roy Orbison, l’androïde (interprété par la superstar tamoule Rajinikanth, plus de 60 balais sous les postiches!) provoque autant de miracles que de catastrophes au contact des humains qui ont parfois bien du mal à discerner la machine derrière l’humanoïde. S’ensuit une évolution à la A.I. lorsque Chitti apprend l’amour. Et comme dans le film de Spielberg, l’amour d’une machine se révèle au final plus pur que celui de l’être humain pour la simple raison que, aussi artificiels soient ses sentiments, la machine ne doute jamais. A la frustration de ne pouvoir être aimé pour ce qu’il est, Chitti découvre la colère et se lance, lors d’un dernier segment plutôt violent (prend ça dans ton cul Asimov), dans la révolte des machines la plus barrée que l’on ait vu depuis… Non, en fait on n’a jamais vu ça avant.

On passera sur la piètre qualité des passages musicaux (principal point faible des films tamouls) pour ne retenir que le fun permanent qui se dégage de ces trois heures sans temps mort. Et qu’importe si c’est mal foutu. Car il y aura toujours plus de folie sur dix minutes prises au hasard d’Endhiran que dans l’intégrale de Transformers.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».