Critique de Confessions

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Kokuhaku

de Tetsuya Nakashima

avec Takako Matsu, Yoshino Kimura er Masaki Okada

Japon – 2010 – 1h46

Rating: ★★★★☆

 

Yoku Moriguchi est professeur de lycée. Elle a décidé de cesser d’enseigner, suite à la perte inconsolable de sa petite fille de quatre ans, Manami, retrouvée noyée dans la piscine de l’établissement. Persuadée que cette mort n’est pas accidentelle, elle est bien déterminée à punir les meurtriers de Mamani qu’elle pense être parmi les élèves de sa classe.

Partant de cet excellent postulat, tiré du roman de Kanae Minato, Tetsuya Nakashima (Kamikaze Girls) signe un thriller lyrique et poétique sur l’adolescence, sa violence et son insouciance. Que ce soit dans l’intimité d’une salle de cour ou dans celle de l’esprit torturé de ces teens, Nakashima nous fait partager leur quotidien soumis aux dures règles qu’ils ont eux-même fixées, amusés par des jeux cruels dont ils rendent victime leur congénère le plus faible, déjà blasés par cette vie qu’ils débutent à peine. Partant du point de vue du professeur, le réalisateur passe de confessions en confessions, laissant son spectateur découvrir l’envers du décor, l’intimité profonde de ces ados. Suivant le fil de leurs pensées, comme les répercussions de leurs actes, les présentant à la fois comme entité de masse et entité individuelle, Confessions s’attache à dresser un portrait un peu forcé mais très réaliste de la condition et des dérives de l’adolescence, tout en posant en filigrane la question de l’origine du comportement extrême adopté par une jeunesse aussi désabusée, pour qui tout n’est qu’affaire de popularité et de reconnaissance, même le meurtre, fascinée et attirée comme un aimant par la mort.

 

Nakashima utilise la bande son, quasi omniprésente, (les silences étant réservés aux révélations, comme pour suspendre l’attention générale), pour renforcer cette intrusion dans l’esprit de ses protagonistes, chaque thème illustrant un sentiment (la colère, la folie, le désir de vengeance), se faisant écho dans une véritable partition d’émotions, rapprochant bourreaux et victimes dans un même moule, celui de l’imperfection humaine. Au final, la musique comme la mise en scène tendent à poser tous les acteurs de l’intrigue sur un même plan. Jouant entre plans larges et gros plans, le réalisateur joue sur les distances physiques et émotionnelles avec le spectateur. Livrant de sublimes plans ralentis, que complètent parfaitement la musique composée par Toyohiko Kanahashi, Nakashima suspend le temps à l’écran, pour accentuer un monologue en voix off, un jeu sordide, un meurtre cruel, apportant un certain lyrisme tantôt dramatique (Moriguchi) ou mélancolique (Mizuki), tantôt morbide (les élèves A et B).

Le seul point sur lequel le film pêche reste le traitement de son sujet central, la vengeance. Celle-ci est rapidement reléguée au second plan, tant le questionnement sur l’adolescence prend de l’ampleur au gré du récit. Le twist final est sans doute de trop, encombrant un rythme jusqu’alors très bien rodé et alourdissant une histoire déjà bien complète. Petit bémol, donc pour cette petite perle datant de 2010. Mais pour sa décharge, après I Saw The Devil, il restera toujours difficile d’apprécier un film de vengeance à sa juste valeur.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.