Critique de Cadavres à la Pelle

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Burke and Hare

de John Landis

avec Simon Pegg, Andy Serkis et Isla Fisher

Grande Bretagne – 2010 – 1H30

 

Rating: ★★☆☆☆

 

 

Nous devons être une génération sacrément nostalgique pour que l’année soit autant marquée par le retro. Après l’enfance spielbergienne de Super 8, les amateurs de revival peuvent se réjouir du retour de John Landis dans les salles avec ce Cadavres à la Pelle, porté par un duo de comiques très ancrés dans notre époque, dans les personnes d’Andy Serkis, le joyeux luron du motion capture et Simon Pegg, sans son binôme Nick Frost, ni son complice Ed Wright.

Ainsi, là où Joe Dante, si cher à notre coeur, doit se contenter de sortie en DTV ou de rien du tout (son The Hole est toujours inédit en France), là où Harold Ramis paie encore le bide de L’An 1: Débuts difficiles, John Landis, lui, décide de faire une comédie horrfique en costumes. Le sujet est alléchant: reprendre le fait divers de William Burke et William Hare, deux escrocs qui finissent par commettre des meurtres afin de vendre les cadavres à L’Edinburgh Medical College pour les dissections. Une bonne idée de scénar, idéale pour une comédie noire à l’anglaise, comme l’envisageait surement Landis. Mais voilà, probablement la faute à un script médiocre à la base, Cadavres à la Pelle relève plus de la farce à l’ancienne, avec comique de situation à la Laurel et Hardy (le tonneau qui dévale la pente avec les deux clowns qui lui courent après…) que de la comédie macabre. On est loin de l’humour noir et du potache gore que l’on aurait pu attendre. Les gags vieillots s’enchainent, caricaturant les personnages en les résumant à un ou deux traits mollement comiques (le soldat qui s’évanouie systématiquement, la femme de Serkis, vénale et alcoolique, Pegg en trouillard sentimental), réutilisés à outrance, noyant les quelques idées vraiment drôles, souvent coincées entre deux scènes de blabla à l’humour pataud.

 

A cela, il faut ajouter une intrigue secondaire bateau qui parvient à peine à épaissir la mayo et achève le stéréotype du personnage de Pegg, résumé à un simple clown mélancolique. L’acteur, d’habitude si drôle quand il joue les scenarii qu’il écrit, ne peut se contenter que de singer moultes gimmicks, tout comme son compère Serkis, réduit au bouffon cupide et fornicateur, tous deux à défaut d’être bien dirigés. La triste prestation poussive d’Isla Fisher en passerait presqu’inaperçue, tant son personnage est inutile à l’intrigue principale, si ses apparitions n’étaient pas aussi régulières. Le film survole son sujet, stéréotypant ses personnages préférant les lisser pour ne pas entamer leur capital sympathie, plutôt que de les complaire dans leur roublardise et de mettre en scène la réelle cruauté de leurs actes.

Farce légère plus que comédie noire, Cadavres à la Pelle demeure au final un métrage moyen et vieillot. A l’heure où la comédie horrifique britanniques s’est modernisée via des films comme Shaun of the Dead ou encore Severance, John Landis s’entête à filmer la sienne de manière old school, avec blagues grivoises et gags à gogo qui parfois, ne semblent pas si éloignée de ceux d’un autre grand comique du XX ème siècle, Sir Benny Hill.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.