Critique de Blackthorn

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Blackthorn

De Mateo Gil
Avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea
Etats-Unis, Espagne, France, Bolivie – 2011 – 1h32

Rating: ★★★★☆

James Blackthorn est un vieux fermier, vivant en Bolivie depuis 20 ans. Depuis peu il effectue une correspondance, où il signe Butch, avec un certain Ryan qu’il considère comme son neveu. Il a par ailleurs décidé de rentre vivre chez lui, aux Etats-Unis. Mais après avoir récupérer toutes ses économies à la banque, il croise un ingénieur espagnol, Eduardo qui lui demande de l’aide contre une coquette somme d’argent…

Près de 40 ans après le film de George Roy Hill, avec Newman et Redford, le cinéaste Mateo Gil imagine la vie d’après des braqueurs de banque et de trains les plus célèbres de l’histoire, partant du fait que les corps d’abord considérés comme ceux de Butch et du Kid retrouvés en Bolivie n’étaient pas les leurs. Pour cela, il recrée un nouveau binôme. Butch, maintenant James, est allié à Eduardo, jeune bleu maladroit ne connaissant pas vraiment l’endroit où il est. Le metteur en scène installe alors des flashbacks, du départ pour la Bolivie à la fin du tandem Butch Cassidy-Sundance Kid. On peut y remarquer des parallèles, James reste toujours le grand frère (Sam Shepard est bien plus convaincant et moins agaçant que Jeff Bridges dans True Grit), aux yeux toujours aiguisés visant juste. Il est tantôt chaleureux : nettoyer une plaie sur les fesses d’Eduardo, le pousser à chanter à tue-tête sur un air de banjo, la relation qu’il entretient avec l’autochtone Yana ; tantôt dur et sec car il exerce une domination sur Eduardo, jusqu’à être sûr de pouvoir lui faire confiance et d’être prêt à mourir dans sa dernière chevauchée. En effet ,les bandits de l’Ouest ont toujours des principes et codes d’honneur, de Jesse James à Calamity Jane en passant par Billy the Kid.

Et étant donné que le protagoniste principal est au crépuscule de sa vie (entendez ce qui suit le coucher du soleil), Mateo Gil s’applique pour son western crépusculaire. Le point esthétique premier est le privilège d’avoir tourné directement en Bolivie, terre de grands espaces avec des déserts conséquents. Nous sommes alimentés sans cesse de grands plans d’ensemble de la terre, où des ombres d’hommes à cheval traversent l’horizon. Alors le réalisateur pense parfois à donner du volume à la profondeur de champ et à l’espace filmique (les chevaux au galop provoquant de la poussière, les bourrasques sur les pierres ou les feux) et va même proposer des panoramiques dans une nature luxuriante et une végétation dense. Il faut par conséquence arriver à saisir tout l’ambigüité de ce western, où tout est montré, tout est fait pour suggérer la communion possible de l’homme avec la terre (rappelons que James Blackthorn est au début du film un simple fermier éleveur de chevaux). Ces grands espaces nous montrent seuls face à soi-même, seuls face à nos fantômes, nos secrets, seuls face à Dieu, pour cela je noterais en particulier la séquence dans le désert de sel, un blanc immaculé qui sera pourtant touché de la violence et du péché des hommes.



Si les westerns se sont révélés démodés à l’heure actuelle du cinéma postmoderne, il y eût néanmoins des réussites telles que Trois Enterrements de Tommy Lee Jones en 2005 et L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford en 2007 par Andrew Dominik, Blackthorn est aussi un bel exemple par son style épuré et poétique.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…