Critique de The Loved Ones

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Rating: 4.3/5 (3 votes cast)

 

The Loved Ones

De Sean Byrne

Avec Xavier Samuel, Robin McLeavy, Jessica McNamee.

Australie, 2009 – 1h24

Rating: ★★★★☆

 

Lola, jeune fille timide, demande à Brent, le jeune ténébreux du lycée, s’il accepterait de l’accompagner au bal du lycée. En déclinant cette invitation, Brent ne sait pas vers quelle folie macabre il se dirige.

Après Wolf Creek de Greg McLean en 2005, l’Australie nous assène à nouveau un coup de marteau cinématographique avec The Loved Ones, un film de genre joyeusement barré et foncièrement jusqu’au-boutiste. Réalisé par Sean Byrne, jeune réalisateur n’ayant officié que sur des courts métrages jusque là, qui signe ici son premier long. Un nom à suivre de très près.

Sorte de rencontre entre le « teen movie » et le « torture porn » , The Loved Ones transcende ces deux genres. Si l’ensemble ne brille pas par l’originalité de son scénario, c’est bien le traitement insufflé à celui-ci qui le distingue des autres productions mainstream. La réalisation est parfaitement agencée et s’adapte en permanence aux personnages. Ainsi elle alterne entre des teintes colorées et légèrement flashy lors des scènes comprenant le personnage de Lola, tandis qu’elle se veut plus classique et narrative lorsqu’elle traite des personnages secondaires tel que celui de la mère de Brent ou sa petite amie.

D’une durée relativement courte, le film n’accuse aucun temps mort et offre une réelle descente aux enfers. Les scènes de torture sont au coeur du récit mais contrairement à une grande partie des films récents se tournant de manière opportuniste vers cette mode du « torture porn », The Loved Ones ne se présente pas comme un film putassier se complaisant dans les effets gores à outrance. Au contraire, le film gère avec brio les hors-champs et la mise en scène ne fait qu’appuyer l’horreur en la rendant bien plus effrayante. De plus, la caractérisation du personnage de Brent crée une véritable empathie à son égard. Ces cris ressemblant à ceux d’un animal en détresse, témoignant de la déshumanisation vers laquelle il se dirige.

 

Le personnage de Lola reste le coup d’éclat de ce film. Se présentant de prime abord comme une fille renfermée sur elle-même dont la vie au lycée semble être vécue comme une épreuve de force, elle ne révèle sa véritable personnalité qu‘au sein de son foyer. Brillamment interprétée par Robin McLeavy, elle ne laisse aucun répit à sa victime et fais preuve d‘un sadisme et d‘une perversité décuplée tant l‘image physique qu‘elle renvoie s‘oppose à ses agissements. Le malaise présent chez son personnage fait notamment écho au personnage de Carrie, particulièrement lors de sa première apparition dans les couloirs du lycée.

Œuvre décomplexée où l’aspect « fun » prévaut sur le reste, The Loved Ones s’inscrit néanmoins dans la mouvance des films abordant l’adolescence en toile de fond. De cette manière, le film lorgne davantage du côté des films de John Hughes que des métrages post-American Pie. La quête idyllique ou encore le besoin d’être aimé font partis des thèmes sous-jacents de The Loved Ones, ponctués ici et là au cours du récit.

The Loved Ones est un métrage qui, sur un postulat de base stéréotypé, déploie une énergie folle et une volonté de se démarquer. En résulte un très bon film où l’humour noir côtoie la drame humain, et où la maîtrise du réalisateur ne fait aucun doute.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).