Critique de Super 8

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Rating: 2.7/5 (9 votes cast)

Super 8

De J.J. Abrams

Avec Elle Fanning, Kyle Chandler, Zach Mills, Joel Courtney, Noah Emmerich, Gabriel Basso, Ron Eldard, Riley Griffiths, Ryan Lee

Etats-Unis-2011-1h52

Rating: ★★☆☆☆

 super 8

Qui pouvait balancer une bande-annonce « sensation » des mois et des mois avant la sortie en salle de son prochain film ? Le bien-nommé J.J. Abrams, bien entendu, et c’était légitime. Ça y est, Super 8 sort sur les écrans : le voile est levé, le public tremble… et plaf ! Comme un plongeon raté, c’est le plat qui frappe de plein fouet le ventre de ce blockbuster estival. Un mot : déception.

Cloverfield et Star Trek, deux films mémorables pondus par la plume ou la caméra de J.J. et qui ont de quoi légitimer le battage médiatique autour de Super 8, vendu comme un film « hommage » au patron du genre : Steven Spielberg. Oui, mais. Steven a pour le coup mis la main sur la production, et ça vire un peu au n’importe quoi. Coup de loupe : nous sommes plongés dans les années 70, une bande de cinq gamins tournent un film de zombies à l’aide d’une caméra Super 8. Alors qu’ils tournent une scène à la gare de leur petite ville Lillian, voilà qu’un train lancé à toute allure percute de plein fouet une camionnette. Une scène d’intro excellente, à l’image du crash de l’avion dans Lost – série produite par J.J. Un mystère plane : mais que contient ce train ? Ou plutôt mais que s’en est-il violemment échappé ? On veut savoir et les gamins aussi !

Allez savoir pourquoi, mais d’un coup le soufflé retombe. Le scénario (le scénario ?) s’essouffle pour ne plus reprendre de la vitesse. Adieu les Goonies en puissance et bienvenus les deux gamins-stars que sont la bizarrement pubère Elle Fanning (Alice) et le tout mignon Joel Courtney (Joe). L’excellent Ryan Lee remise rapidement ses pétards au placard, et on oublie en quelques scènes Zach Mills, Riley Griffiths et encore plus Gabriel Basso. Pas la peine de citer les noms de leurs personnages, de mémoire on les assimile à peine. Et puis Elle Fanning qui nous sort des larmes pleines d’oignons à la sauce Hollywood, alors non. La blague en trop ? Kyle Chandler (si, si, le mec inexpressif de la série télévisée Demain à la Une) en papa sévère mais sensible, Ron Eldard en papa alcoolique mais qui n’y paraît pas, et enfin David Gallagher soit feu Simon de 7 à la maison. Aïeuh !

Mais revenons-en au scénario… Passé donc la première grosse séquence de Super 8, avec la caméra qui a filmé ce que les enfants et les spectateurs n’ont pas vu (ouh, suspense), l’histoire ne propose rien de plus qu’un enchaînement maladroit et grossier de références à des films comme E.T., Godzilla (!), Cloverfield, Starship Trooper ou encore Jurassik Park. Le tout sans queue ni tête et non sans une certaine longueur… Les personnages sont vides et le relationnel mis de côté, certaines séquences gores – le film est annoncé pour enfants à partir de 10 ans (la maman est morte écrasée dans une fonderie, certains personnages sont dévorés ou encore se font broyer la tête sans ménagement) et le happy-end -selon sa vision de la chose – est d’une nunucherie à en pleurer. On ne reconnaît pas un instant la pâte J.J. Mais où est passé J.J. ? J.J., reviens !

A la fin de la projection, certains ont osé un « je suis très enthousiaste… » suivi d’un silence. Il est vrai, le film a ses bons côtés : film estival de bon aloi, quelques notes bien marrantes (running gag du vomi), des passages qui font sursauter (merci l’ingé son). Mais on s’impatiente plus pour Star Trek 2 (en préparation) et on dira que J.J. a voulu se mettre Spielberg dans la poche : gagné !

Nightmare

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About Nightmare

Aspirée par ses cauchemars étant petite, Nightmare émerge à ses 20 ans les idées plus ou moins claires. Seul problème : ses neurones ont été reprogrammés… Pour survivre, elle doit désormais s’emparer des jolis rêves de ses victimes et les remodeler à sa manière pour transmettre ses peurs. Pour se ressourcer, elle capte les rayonnements des écrans qui lui donnent chaque jour de nouvelles idées, comme grignoter des barbapapa, calculer la vitesse de propulsion idéale d’un aéronef plus lourd que l’air ou encore lire des études sur le cépage.