Critique de Simetierre

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Rating: 3.4/5 (5 votes cast)

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Pet Sematary

De Mary Lambert
Avec Dale Midkiff, Fred Gwyne, Denise Crosby, Brad Greenquist, Miko Hughes.
Etats-Unis – 1989 – 1h42

Rating: ★★★★★

Ayant quitté Chicago, Louis Creed et sa famille décident de s’installer dans une petite bourgade du Maine à première vue paisible. Près de chez eux se trouve un cimetière d’animaux situé sur un ancien territoire indien dont ils feront la découverte grâce à leur unique voisin, un vieil homme connaissant parfaitement les lieux. Mais au-delà de ce cimetière bâti par des enfants se trouve un endroit renfermant un terrible secret …

Alors que Alexandre Aja semble pressenti pour réaliser un remake du film et que de nombreuses adaptations de Stephen King telles que La Tour Sombre, Le Fléau, ou 11/22/63 se profilent, il est intéressant de revenir sur l’une des meilleures transpositions cinématographiques de l’auteur. Réalisé à la fin des années 80 par Mary Lambert, Simetierre est une oeuvre marquante et empreinte d’une certaine nostalgie.

Considéré, par de nombreux fans, comme l’un des meilleurs romans de l’auteur, il est appréciable d’apprendre que Stephen King s’est lui même chargé de l’écriture du script de Simetierre, peut être dû au fait qu’il n’était guère satisfait des adaptations de ses écrits qui pullulaient à l’époque. Teinté d’une atmosphère angoissante et morbide dès sa superbe scène d’introduction présentant le cimetière des animaux, le film ne se détache jamais de cette ambiance qui reste assurément l’une des forces du film.

Traitant du rapport que l’on peut entretenir avec la mort et notamment suite à la perte d’un proche, Simetierre ancre son récit autour de l’apparition soudaine du surnaturel dans le quotidien, un des thèmes « Kingsien » par excellence. Distillant une montée crescendo vers l’horreur, le film offre de mémorables moments de flippe comme ces scènes incluant le personnage de Zelda, la soeur malade, qui mettent réellement mal à l’aise. Le film sombre dans l’horreur la plus totale au moment où le petit dernier de la famille Creed est percuté par un camion et décède. Un véritable drame humain qui va faire office de point de non-retour quant aux événements à suivre. Tout comme dans Shining, on observe la destruction de la cellule familiale et ceci notamment à travers le comportement de plus en plus irrationnel du personnage de Louis Creed, perdu entre son sentiment de culpabilité et son désir de faire revenir son fils. Sombrant ainsi peu à peu dans une folie macabre qui culmine lors d’une dernière scène des plus déstabilisantes. Simetierre prend ainsi à contre-pied bon nombre de productions de l’époque en faisant preuve d’un profond pessimisme où le destin funeste des protagonistes semble scellé dès la moitié du film. On peut reprocher au film une trop courte durée tant de nombreux éléments auraient gagnés à être plus détaillés ou encore une approche encore plus psychologique des personnages qui aurait été intéressante mais ces détails n’entache en rien le film qui reste une réussite totale.

La mise en scène fait preuve d’un classicisme tout à fait adapté, appuyée par une bande originale d’Elliot Goldenthal qui ne fait qu’amplifier la noirceur générale du récit. Celle-ci n’est atténuée que lors de son générique de fin enjôlé par le son des Ramones. Une franche réussite de la part de Mary Lambert qui, mis à part Simetierre, n’a jamais fait preuve d’un grand talent dans ses autres réalisations. Elle occupera d’ailleurs le même poste quelques années plus tard pour Simetierre 2, une suite ratée et sans intérêt.

Simetierre est un film qui, aujourd’hui encore, reste quelque peu sous-estimé, davantage considéré comme une petite série B talentueuse que comme une oeuvre mémorable. Le film réussit à transposer de manière prodigieuse l’univers de Stephen King et l’essence de son roman. En résulte un métrage qui au-delà de toutes ses qualités mérite amplement une place au côté des films cultes du genre.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).