Critique d’Opération Opium

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The Poppy is also a flower

De Terence Young

Avec E.G. Marshall, Trevor Howard, Angie Dickinson, Gilbert Roland, Yul Brynner, Rita Hayworth, Marcello Mastroianni, Omar Sharif, Stephen Boyd, Grace Kelly et Eli Wallach.

France/Autriche/Etats-Unis – 1966 – 1h36

Rating: ★★★☆☆

Dans les années 60, l’ONU décide de produire une série de téléfilms mettant en avant ses différents chevaux de bataille à travers le monde. Axé sur le trafic d’héroïne, Opération Opium est directement porté sur grand écran grâce au dévouement d’une pléthore de stars qui, sensibilisées par le sujet, renoncent à toute rémunération pour convaincre les investisseurs. Basé sur un premier synopsis du romancier Ian Fleming, le créateur de James Bond, le film est réalisé par Terence Young, un habitué des aventures de l’agent 007 (James Bond 007 contre Dr. No, Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre).

Bien qu’il faille également rajouter la présence de l’acteur hawaiien Harold Sakata, (le tueur au chapeau de Goldfinger), Opération Opium n’est en rien une nouvelle aventure de James Bond même si l’on y retrouve certains éléments propres aux films d’espionnage  (gadgets sophistiqués, voyages à travers le monde, combat dans un train en marche sans oublier une bonne dose de sensualité et d’humour). Nous suivons le britannique Sam Lincoln et l’américain Coley Jones, deux agents secrets engagés par l’ONU partis en Iran pour enquêter sur le meurtre d’un espion infiltré dans le cadre du démantèlement d’un trafic d’opium.

De la frontière afghane à la Côte d’Azur, en faisant une halte obligée à Naples, c’est toute une chaîne que va remonter maillon par maillon le duo d’agents, permettant une meilleure compréhension de cette route de la drogue et des enjeux de l’ONU face à des autorités locales souvent impuissantes. S’il reste un film de propagande, Opération Opium bénéficie du savoir faire de Terence Young qui arrive à donner le rythme nécessaire dans cette histoire chorale où l’on parle beaucoup et où l’on voyage tout le temps. Le scénario de Jo Eisinger (Gilda) n’hésite également pas à faire mourir certains personnages importants aux moments les plus inattendus, rendant l’issue de l’enquête de Lincoln et Jones encore plus incertaine.

La conclusion du film (donc de l’ONU) sous-entend qu’il vaudrait mieux intervenir militairement dans les pays producteurs d’opium pour attaquer le mal à la racine plutôt que de courir après des criminels interchangeables. Le conseil semble avoir été plutôt bien suivi depuis les attentats du 11 septembre 2001. Que l’on adhère ou non à son message, Opération Opium reste un film atypique par sa conception mais suffisamment maîtrisé pour valoir le coup d’œil. Bref, une de ces curiosités de l’histoire du cinéma qu’aime souvent rééditer Carlotta (en bonus, une intervention très détaillée du journaliste Philippe Lombard qui revient sur l’histoire du film).

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».