Le Space Opera en 10 films

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FLASH GORDON (1980)

De Mike Hodges

Bien avant que le genre ne soit nommé en 1941 par Wilson Tucker, les premiers héros du space opera apparaissent dans les comic strips. Créé en 1934 par Alex Raymond pour concurrencer le personnage de Buck Rogers, Flash Gordon est un jeune américain contraint de protéger l’Univers des manœuvres diaboliques de l’empereur Ming. Un pied dans la science-fiction, un autre dans la fantasy, Flash Gordon est adapté en serial dans les années 30 mais il faudra attendre les années 70 pour que des réalisateurs (Alain Resnais, George Lucas) songent à le porter sur grand écran. C’est finalement le producteur Dino De Laurentiis (Barbarella, le King Kong de 1976) qui emporte le morceau avec ce blockbuster trop vite oublié.

PLANÈTE INTERDITE (1956)

De Fred M. Wilcox

S’inspirant de La Tempête de Shakespeare, ce planet opera prend pour décor Altair 4, une lointaine planète sur laquelle débarque une dizaine de jeunes soldats menés par le commandant Adams (Leslie Nielsen, un million d’années avant la série des Y-a-t-il un flic ?). Venu attester la disparition de l’équipage du Bellérophon, un vaisseau spatial qui ne répond plus, Adams rencontre les derniers survivants de l’expédition précédente: le docteur Morbius et sa fille Altaira. A l’éveil de la sexualité de cette dernière fort sensible au charme de ses visiteurs répond le subconscient meurtrier du père, matérialisé grâce aux vestiges technologiques d’une civilisation extraterrestre disparue depuis des millénaires. Film exemplaire du space opera des années 50, Planète interdite abonde en gadgets futuristes, approximations scientifiques et décors kitchs. On ne s’en lasse pas.

STARSHIP TROOPERS (1997)

De Paul Verhoeven

Une guerre sans merci est engagée entre les Terriens et les Arachnides, des extraterrestres insectoïdes qui envoient depuis leurs lointaines planètes des météorites meurtrières sur la notre. Auteur parmi les plus importants de la littérature SF, Robert Heinlein décrit dans ce roman de 1959 l’apprentissage de la guerre intergalactique par la jeune recrue Rico, des camps d’entraînement jusqu’au front, en s’inspirant de son propre passé militaire. Dans son adaptation très gore de 1997, Paul Verhoeven amplifie le discours nationaliste qui revêt désormais des airs de fascisme génocidaire où la colère l’emporte sur la raison. Sur fond de propagande, les forces vives de la planète partent se faire démembrer à plusieurs années-lumières pour acquérir leur citoyenneté. Pamphlétaire au possible.

DUNE (1984)

De David Lynch

Dans les années 60, la littérature de science-fiction connait elle aussi sa Nouvelle Vague avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’auteurs (Harlan Ellison, Robert Silverberg, Michael Moorcock). Dans le courant de cette New Wave, Frank Herbert donne des aspirations nouvelles au space opera avec son roman Dune en 1965, premier chapitre d’une saga ambitieuse qui va rassembler un grand nombre d’adeptes. Sur la planète de sable Arrakis, des factions opposées de la Guilde Spatiale se livrent à des complots sans merci pour prendre le contrôle de l’Epice, une ressource unique aux vertus miraculeuses. Mélangeant politique, philosophie, voire même la culture New Age, Dune est le planet opera ultime. Dans les années 80, Dino De Laurentiis (encore lui) produit l’adaptation cinématographique avec David Lynch à la réalisation mais,en dépit d’une première heure plutôt convaincante, le film est loin de faire l’unanimité, pâtissant de sa conception chaotique. Le best-seller de Frank Herbert sera à nouveau adapté pour la télévision en 2000.

STAR TREK (2009)

De J.J. Abrams

Diffusée en 1966, la série télé Star Trek devient un phénomène culturel grâce à ses fans, les Trekkies. A bord de l’Enterprise, le capitaine Kirk et Mr. Spock partent à la rencontre des civilisations reculées de la galaxie. Autant d’aventures spatiales aux moyens limités qui, sous couvert de space opera, soulèvent des questions sociétaires comme le racisme, l’égalité et le féminisme. Après le succès de La Guerre des étoiles de George Lucas en 1977, Star Trek ressuscite au cinéma avec une série de six films réalisés tour à tour par Robert Wise, Nicholas Meyer et les deux vedettes de la série, Leonard Nimoy et William Shatner, puis dans les années 90, avec de nouveaux spin-off (La Nouvelle Génération, Deep Space Nine). En 2009, J.J. Abrams fait entrer la franchise dans une nouvelle ère avec ce reboot qui revient sur la première mission entre Kirk et Spock.

SPACE BATTLESHIP (2010)

De Takashi Yamazaki

Tant que c’est frais, on persiste et on signe: Space Battleship est bien un film majeur du space opera. Ne serait-ce pour les moyens mis en œuvre pour adapter le monde de Leiji Matsumoto, mangaka à succès qui a su donner une image poétique du genre (Albator, Galaxy Express 999 et Yamato). Partis à l’autre bout de la galaxie pour sauver l’Humanité, le cuirassé Yamato et son équipage voguent dans une odyssée spatiale mélancolique et solitaire, où la survie se joue sans merci face à un ennemi extraterrestre impitoyable. L’émerveillement originel du space opera laisse ici place à une vision plus tragique sur la place de l’homme dans l’Univers.

L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE (1980)

D’Irvin Kershner

1977, George Lucas donne la définition cinématographique du space opera sur grand écran avec La Guerre des étoiles. Son succès phénoménal permet enfin au réalisateur de concevoir sa trilogie avec des moyens à la hauteur de ses exigences. Réalisé par Irvin Kershner, ancien prof de Lucas,  L’Empire contre-attaque, deuxième volet de la saga, bénéficie d’un budget confortable et d’un scénario plus sombre, sur lequel sont intervenus Lawrence Kasdan et la romancière SF Leigh Brackett. Si La Guerre des étoiles plantait le décor, L’Empire contre-attaque pose les enjeux réels de la trilogie : puissance de l’Empire et précarité des Rebelles, apprentissage Jedi, filiation entre Luke Skywalker et Darth Vader, idylle entre Han Solo et la princesse Leia… Le soap opera s’installe. Pourtant, de la bataille dans les plaines gelées de la planète Hoth à la ville suspendue dans les nuages de Bespin, en passant par le personnage de Yoda, solitaire des marais de la planète Dagobah à l’épique duel final de sabres laser, L’Empire contre-attaque s’impose comme le modèle cinématographique de la space fantasy.

H2G2 (2005)

De Garth Jennings

Unique rescapé de la destruction de la Terre, Arthur Dent part pour un voyage dans l’espace et découvre que l’Univers est régi par une administration intergalactique complexe. D’extraterrestres que l’on dégomme à coup de serviettes aux ordinateurs qui calculent pendant des milliers d’années pour percer les mystères du sens de la vie (la réponse est 42), sans oublier Marvin le robot dépressif, Le Guide du routard galactique, saga SF humoristique de Douglas Adams, prend à revers les motifs du genre. Ou comme si Isaac Asimov était relu par les Monty Pythons.  Si elle n’a pas fait grand bruit lors de sa sortie, l’adaptation cinématographique de Garth Jennings en 2005 réussit à transposer fidèlement sur grand écran toute la finesse d’esprit de ce space opera complètement décalé.

ENEMY (1985)

De Wolfgang Petersen

Auréolé des succès de Das Boot et de L’Histoire sans fin, le réalisateur allemand Wolfgang Petersen migre aux Etats-Unis pour réaliser son premier film américain, Enemy Mine où les Humains livrent une guerre galactique avec les Dracs, une race d’extraterrestres reptiliens. Lors d’une bataille spatiale, un pilote de chasse terrien (Dennis Quaid) et un Drac s’écrasent tous les deux sur une planète sauvage et dangereuse. Pour survivre, ils devront passer outre leur antagonisme. Dans la série des space operas complètement oubliés des années 80, on peut citer également Starfighter de Nick Castle (1984) ou un joueur de shoot’em up est enrôlé par une ligue de civilisations extraterrestres pour sauver l’Univers.

LES CHRONIQUES DE RIDDICK (2004)

De David Twohy

Dans la mouvance de la nouvelle trilogie Star Wars, Vin Diesel s’offre un personnage sur mesure: Riddick le Furyan. Un héros border line dans un monde de space opera qui l’est tout autant et dont la première aventure, Pitch Black, remporta un joli succès d’estime. Deuxième volet de la saga, Les Chroniques de Riddick se rapproche de la space fantasy de George Lucas tout en optant pour un ton proche de la dark fantasy. Criminel en fuite, Riddick est appelé à sauver le monde du joug meurtrier des Nécromangers, exterminateurs de civilisation en puissance. Pour cela, il voyagera sur plusieurs planètes, dont une où la température monte jusqu’à 700°C… Du space opera à gros biceps mais du space opera quand même.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».