Critique de La Prisonnière espagnole

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The Spanish Prisoner

de David Mamet

avec Campbell Scott, Steve Martin, Rebecca Pidgeon, Ben Gazzara, Felicity Huffmann et Ed O’Neill

Etats-Unis – 1996 – 1h50

Rating: ★★★★☆

Scénariste du Facteur sonne toujours deux fois avec Nicholson et des Incorruptibles, David Mamet est rapidement passé derrière la caméra, tout en continuant d’écrire. La Prisonnière espagnole, son sixième film, disponible en DVD  et VOD chez Carlotta le 17 Août, est revendiqué comme hitchcockien. Ambitieux postulat qui serait difficilement viable si Mamet ne maitrisait pas autant l’écriture scénaristique.

La Prisonnière espagnole, nom d’une arnaque vieille comme le monde, suit l’ingénieur Joe Ross, inventeur d’un mystérieux système promettant richesse à son détenteur, qui se retrouve au cœur de toutes les convoitises. Durant un voyage d’affaires, le jeune homme rencontre Jimmy Dell, un homme aussi riche que sympa, avec qui il se lie d’amitié. Mais rapidement, l’homme montre un autre visage.

Tout en construisant un récit original, Mamet parvient à multiplier les références au grand maitre du suspense, Hitchcock. Du simple clin d’œil (le manège à chevaux) à l’empreint scénaristique (le trio amoureux à la Vertigo), en passant par l’utilisation de figures très hitchcockiennes (la composition des plans, le fondu enchainé), le réalisateur a su donné cette couleur, cette ambiance si particulière, sans pour autant tomber dans la caricature.

 

Au delà de la référence, le film s’appuie sur un scenario solide et ingénieux, surprenant son spectateur sans arrêt de part ses nombreux retournements de situation, servant une intrigue dense et complexe. En disséminant des indices que seul le spectateur peut voir, Mamet joue sur l’investigation à deux vitesses, laissant toujours une petite longueur d’avance à son audience sur Joe Ross, comme l’avait initié le grand Hitch pour créer son suspense légendaire. Mais ici, ce n’est pas tant pour créer une tension que pour pousser le spectateur à mener sa propre enquête.  Mais dans cet univers de faux semblants, la surprise est toujours au rendez-vous.

Bien que le casting ne soit pas composé de stars hollywoodiennes, il possède tout de même de grosses pointures comme Ben Gazzara, l’acteur fétiche de Cassavetes, ou Steve Martin, qui rappelle combien il est bon acteur lorsqu’on lui donne un rôle autre que comique. Ils côtoient des partenaires certes moins connus mais tout aussi méritants comme Campbell Scott, qui détient le rôle principal et amène à son personnage la candeur nécessaire pour le rendre attachant dès ses premières apparitions.

On se doutait déjà que David Mamet était un bon scénariste, La Prisonnière espagnole prouve qu’il est également un ingénieux réalisateur, qui sait se référencer sans plagier, s’inspirer sans parodier. Bon élève, il a su relever le défi de faire un film hitchcockien, tout en parvenant à livrer une œuvre originale, dense et rythmée. Un trésor oublié à découvrir sans hésitation.

 

Lullaby Firefly

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.