Critique de La Guerre des Etoiles

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Star Wars, Episode IV : A New Hope

De George Lucas

Avec Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford, David Prowse, James Earl Jones, Alec Guiness et Peter Cushing.

Etats-Unis – 1977 – 2h01

Rating: ★★★★★

1977 est une année importante pour le cinéma de science-fiction grâce au succès de deux films : Rencontres du troisième type et La Guerre des étoiles. Si le premier ne fait que confirmer le talent d’un cinéaste de genre hors norme (Steven Spielberg), le second va quant à lui générer un véritable phénomène culturel. De George Lucas, on ne connaissait alors que ses deux premiers longs-métrages : THX 1138, dystopie glaciale dans la droite lignée de la SF sérieuse de 2001 : l’odyssée de l’espace, et American Graffiti, teen movie nostalgique sur les années 60.

Lorsque la 20th Century Fox sort le film, il n’est pas encore question que La Guerre des étoiles devienne une saga. Le film est par conséquent le seul à avoir été conçu comme une histoire à part entière et non comme un quelconque épisode. Certes, l’histoire reste simpliste à la manière d’un film de cape et d’épée lambda puisque nous suivons les péripéties d’un groupe de héros partis sauver la princesse en détresse, l’Etoile Noire remplaçant le château. Les personnages sont vite esquissés dans un manichéisme binaire entre la lumière (Luke Skywalker) et les ténèbres (Darth Vader) soit les deux côtés de la Force, le concept mystique exposé sommairement dans le film par Obiwan Kenobi (sir Alec Guiness).

Ce n’est qu’en baissant le niveau de compréhension de son œuvre que George Lucas peut s’autoriser de transformer le space opera en cinéma exotique. Pour faire adhérer le spectateur à son univers factice, La Guerre des étoiles abonde en motifs fantastiques : variétés de langues et de formes extraterrestres, robots en tous genres, véhicules improbables, planètes étranges, costumes inhabituels… Une somme de détails visuels assez impressionnante pour l’époque à laquelle le spectateur doit s’habituer pour une meilleure immersion. Certes, il y avait déjà eu d’autres space operas avant La Guerre des étoiles mais aucun ne concentrait autant d’ingrédients SF en deux heures chrono.

C’est ce qui explique le succès énorme du film dès sa sortie en salle. Le public se déplace en masse pour voir du jamais vu à l’écran, permettant ainsi au réalisateur de convaincre la 20th Century Fox de revenir à son idée initiale de faire du film l’épisode IV d’une saga qu’il reste à construire. Dès lors, la filmographie de George Lucas prend en 1977 une tournure radicale puisqu’il va passer le restant de sa carrière à développer son univers.

Si La Guerre des étoiles est visuellement révolutionnaire, il témoigne toutefois de l’attitude nostalgique de Lucas qui va piocher sans vergogne dans cinquante ans d’imagerie populaire : les serials comme Buck Rogers et Flash Gordon, les westerns, les films de cape et d’épée mais aussi ceux de sabre façon Kurosawa (genre que l’on nomme chanbara ou, encore plus parlant ici, jidaigeki), les documentaires sur les batailles aériennes de la Seconde Guerre Mondiale, l’heroic fantasy, les couvertures de romans de science-fiction, les bandes dessinées de SF françaises des années 60-70 (Mézières en tête)… Lucas dévore, digère et régurgite ses influences pour recomposer sur grand écran une succession de motifs mythologiques qui lui sont propres tout en résonnant dans l’imaginaire de ses spectateurs.

Comme Cecil B. DeMille avant lui, George Lucas amène l’entertainment à un niveau supérieur. Il transforme ainsi le space opera en genre à prendre au sérieux pour les studios, le succès de La Guerre des étoiles amenant enfin à l’adaptation cinématographique de la série Star Trek en 1979, soit 13 ans après sa création. C’est dire si les pontes d’Hollywood étaient frileux à investir autant de millions de dollars sur des histoires de guerres intergalactiques.

Bien qu’il supporte de moins en moins le poids de son âge (bientôt 35 ans tout de même), et ce, en dépit de tous les reliftings possibles (traitement THX, images de synthèse et bientôt la 3D), La Guerre des étoiles reste une date dans l’histoire du cinéma, offrant du rêve à ses spectateurs avec une générosité inédite qui va amener à la création d’une véritable mythologie moderne.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».