Critique de God’s Puzzle

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Kamisama no pazuru

De Takashi Miike

Avec Hayato Ichihara et Mitsuki Tanimura

Japon – 2008 – 2h14

Rating: ★★★★☆

WE Prod édite en vidéo à une semaine d’intervalle God’s Puzzle (2008) et Zebraman II (2010), deux films de Takashi Miike qui viennent enrichir un été SF déjà bien rempli. Sorti cette semaine, God’s Puzzle est un thriller où l’arme du crime est un accélérateur de particules, un dispositif scientifique monumental qu’une adolescente surdouée va pirater pour générer un nouveau Big Bang. Mais avant d’arriver à ce climax apocalyptique, le film s’attache à expliquer longuement pourquoi et comment la jeune Saraka compte détruire l’Univers.

Face à elle intervient Motokazu, le héros du film. Entrant à l’Université pour remplacer son frère jumeau parti en Inde, Motokazu est un rockeur dont le seul talent est de confectionner des sushis. Perdu entre échecs amoureux et théories des super cordes, le garçon rêveur va former avec Saraka un duo qui cultive la symétrie. Solitaire et désabusée, elle est considérée comme un génie. Enthousiaste et naïf, il n’est quant à lui jamais pris au sérieux. Ils partagent cependant une même souffrance affective qui les rend étrangers à leur propre monde. Ainsi, prouver l’inexistence de Dieu en créant un nouvel Univers devient pour Saraka l’occasion de se venger contre la Terre entière. Amoureux de la jeune fille, Motokazu va devoir empêcher la fin du monde.

Traitant de physique quantique, le film baigne dans une ambiance de vulgarisation scientifique. Prenant tout le temps nécessaire, Takashi Miike insiste sur le cheminement intellectuel qui appuie la plausibilité du scénario en se basant sur les dernières grandes hypothèses scientifiques concernant la compréhension de l’Univers. Ce dernier est ainsi comparé à un cactus tandis que la Symphonie du Destin est utilisée pour expliquer l’inflation cosmique. Parfois très didactique, God’s Puzzle n’est pourtant pas un film spécialement sérieux. Le réalisateur de Dead or Alive n’oublie pas en effet d’insérer quelques moments de folies cinématographiques comme des ellipses annoncées dans le cadre par des fenêtres pop-up ou une improbable version rock de l’Ode à la joie (Beethoven est à l’honneur dans le film), préfigurant avec deux ans d’avance le délire geek de Scott Pilgrim vs the World.

Œuvre grand public d’un cinéaste habitué à la violence extrême, God’s Puzzle s’impose, à la manière d’Assault Girls de Mamoru Oshii, comme un film de science-fiction très original en dépit de ses nombreuses imperfections.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».