Critique de Cowboys & envahisseurs

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Cowboys & Aliens

De Jon Favreau

Avec Daniel Craig, Harrison Ford, Abigail Spencer, Sam Rockwell et Clancy Brown

Etats-Unis – 2011 – 1h58

Rating: ★☆☆☆☆

 

Arizona, 1873. Un homme se réveille dans le désert, totalement amnésique, avec un étrange bracelet serti à son poignée. Arrivant à Absolution, un village tenu d’une main de fer par Woodrow Dolarhyde, il finit par découvrir sa vraie identité : Jake Lonergan, un bandit dont la tête à été mise à prix. Mais une attaque extraterrestre sur Absolution va changer la donne.

Comme Des serpents dans l’avion, Cowboys & envahisseurs est un film dont le titre résume à lui seul toute l’histoire. Des cowboys, des extraterrestres belliqueux… Voilà les ingrédients à priori difficilement conciliables de cette nouvelle production Spielberg, adaptation du comic de Scott Mitchell Rosenberg, mise en image par Jon Favreau, acteur devenu réalisateur à succès suite au carton des deux Iron Man. On avait connu les cowboys face aux dinosaures (La Vallée de Gwangi), voire même contre les zombies (Survival of the Dead). Ici, les hommes de l’Ouest doivent faire parler la poudre face à des aliens dotés d’armes surpuissantes. Forcément, avec un tel concept, ça passe ou ça casse.

Entre western et science-fiction, Cowboys & envahisseurs se positionne tant bien que mal le cul entre deux chaises. Commençant sur un mode proche de L’Homme des Hautes Plaines et Pale Rider de Clint Eastwood avec son antihéros anonyme, le film empile rapidement les clichés propres au western les uns sur les autres : blessure soignée à l’ancienne avec une bonne bouteille d’alcool, bagarre dans le saloon, type trainé par un cheval au galop, rite indien avec divagations philosophiques du chef de tribu («L’Homme blanc a apporté une terrible malédiction » et autres formules toutes faites)… Il ne manque plus que l’attaque de la diligence et du train postal et on se croirait au parc d’attractions OK Corral. Bref, on est loin d’être chez Sam Peckinpah ou même Kevin Costner tant le scénario, qui a pourtant nécessité l’intervention de cinq personnes, se refuse à chahuter les différents motifs qu’il emprunte.

Côté alien, ce n’est guère mieux pour ne pas dire pire. Rien de nouveau dans les cieux depuis des mois (Skyline, World Invasion : Battle Los Angeles), les extraterrestres sont toujours aussi hargneux, dégueux, débiles et avides en ressources naturelles (ici, l’or). Encore plus dommageable, Cowboys & envahisseurs fait des redites avec Super 8, autre production de Steven Spielberg sortie le même mois sur le même thème, notamment lors des séquences au cœur du vaisseau extraterrestre.

On aurait espérer une analogie entre la conquête de l’Ouest et l’invasion extraterrestre mais Cowboys & envahisseurs se contente de cadrer une vision simpliste où les humains, qu’ils soient cowboys ou indiens, oppresseurs ou opprimés, doivent s’unir pour venir à bout de la menace alien, assimilée ici au démon, western oblige. De cet effort viendra la rédemption de leurs péchés respectifs (vols, meurtres, abus d’autorité) d’où le nom du village Absolution. Mouais… On préfèrera revoir pour le coup District 9 ou Monsters, des films d’extraterrestres plus en phase avec leur époque que ces allusions bibliques d’un autre âge.

S’il part d’une intention sympathique, Cowboys & envahisseurs reste un exercice de style trop lisse qui souffre de son mélange mal dosé, entremêlant un western caricatural à un film d’invasion extraterrestre totalement plat. Il en résulte un film qui ne transcende aucunement son idée de départ et se contente de suivre des sentiers déjà balisés plutôt que d’explorer les chemins de traverse entre les deux genres abordés. On retiendra cependant l’interprétation toute en virilité de Daniel Craig qui porte très bien le chapeau de cowboy.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».