Critique de The Troll Hunter

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Rating: 4.3/5 (4 votes cast)

Trolljegeren

de André Øvredal

avec Otto Jespersen, Glenn Erland Tosterud, Johanna Mørck

Norvège – 2010  – 1h43

 Rating: ★★☆☆☆

the troll hunter

Le problème avec des films comme Paranormal Activity, c’est qu’ils prouvent (et c’est affligeant) que baser un film sur une idée à moindre coût est à la portée de tous. Et par tous, il faut comprendre n’importe qui. Trouver un bon concept (un chasseur de troll, un fantôme invisible, un film d’horreur en plan séquence), louer une caméra, la confier à son pote qui a la tremblotte, sortir le film et attendre la monnaie. La formule est simple et rentable, vu qu’un nombre incalculable de bobines filmées par des parkinsoniens myopes semblent fleurir la devanture des cinémas à intervalle régulier.  The Troll Hunter, après avoir écumé les festivals en 2010 et  semblant voué à un destin de DTV, ne déroge pas à la rêgle. Les « acteurs » sont pas géniaux, les personnages ne sont pas écrits (l’éponyme chasseur, grand nounours tendre sous ses airs grognons…bon, en exagérant un poil), noyés par une mise en scène atroce malgré des effets spéciaux assez bien foutus peinant à relever un niveau tombé bien bas dès l’interminable et inutile introduction, qui débutait par un carton indiquant que la bande vidéo avait été retrouvée, non retouchée, le blabla habituel…).

En alternant des scènes d’investigation sur le terrain  tendant à ressembler à un documentaire animalier des années 70 (rechercher les trolls, définir leur espèce en observant leurs empreintes et la forme de leur caca), avec des scènes de cache-cache nocturne dans les bois avec des trolls, avec une petite séquence en caméra de nuit, The Troll Hunter tombe vite dans la routine du documenteur. Peinant déjà à installer un bon rythme ( vu que le schéma jour/chiant, nuit/action se répète jusqu’à la fin), le film est plombé davantage par une multitude de scènes inutiles pour faire « vrai » (filmer des arbres brisés pendant deux plombes et entendre en fin de scène : « C’est bon, t’as filmé? »…), ce qui le rend de plus en plus chiant et indigeste, au fur et à mesure de l’intrigue.

Et les trolls dans tout ça? Pas grand chose, à part qu’on apprend sur eux une multitude de petites perles à recaser en diner mondain (« Saviez vous que les Trolls peuvent exploser à la lumière du soleil, et pas seulement se calcifier? »), ils restent surtout le prétexte pour faire quelques scènes de poursuites pseudo-flippantes d’une récurrence fatigante. Soyons honnête, l’existence des trolls, c’est difficile à croire,  d’où le paradoxe du film, tentant de rendre vrai, par le choix de sa forme, ce qui appartient au conte de fées et légendes dans la culture populaire. Ce qui peut marcher avec le paranormal (démons, fantômes, aliens) tient difficilement la route avec un motif si ancré dans l’imaginaire. Mais ce pari osé aurait pu être réussi si le film avait eu quelque chose à dire de plus que le simple postulat de faire un documenteur  avec des trolls.

L’ensemble demeure très moyen, le scenario n’étant ni assez construit, ni assez dense, la mise en scène  banale et sans idée novatrice et les acteurs qui n’en sont pas. Dans le même genre, mieux vaut voir ou revoir l’excellent Monsters de Gareth Edward qui lui était parvenu à livrer une oeuvre avec un vrai sens esthétique et un sens profond…

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.