Critique de The Murderer

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

Hwanghe

De Hong-jin Na

Avec Kim Yun-seok, Jung-woo Ha, Jo Seong-Ha

Corée du Sud -2011 – 2H20

Rating: ★★★★☆

Gun-ma est ce que l’on appelle un joseonjok, un chinois d’origine coréenne. Il existe à la frontière sino-coréenne plusieurs régions autonomes, notamment Yanji, où se déroule l’histoire. Ces régions bien que sur le territoire chinois, ne relèvent vraiment  pas des autorités du pays, mais ni des autorités coréennes. Serait-ce des no man’s land ? À en voir le protagoniste, sûrement. En effet Gun-ma s’est endetté pour acheter un visa à sa femme afin qu’elle fasse un voyage en Corée du Sud, mais depuis, elle n’est pas revenue, et ce dernier doit rembourser. C’est alors qu’un mystérieux vendeur de chiens, Myun, qui lui propose de payer sa dette à condition qu’il aille tuer un homme à Séoul…

Après avoir été révélé avec The Chaser, Hong-jin Na nous revient avec un nouveau thriller mutant et hybride. En effet, formé en 4 parties, pouvant signifier des chapitres, le metteur en scène traite avec lenteur et dignité le héros désœuvré s’inventant tueur à gages (images mentales, création d’un emploi du temps), tout en signifiant ses tourments sentimentaux, car il se trouve dans la ville où sa femme est censée être, menant une double enquête dans ce paysage urbain désœuvré. Ce qui amène à une certaine tournure sociale du thriller avec les différents camps, les gangsters aux costumes et aux allures irréprochables (dont la victime), les gangsters mal habillés, mal élevés aux allures de bouseux. Entre le couples qui se font et se défont dans le Séoul urbain où tout se joue sur les apparences, les seules traces d’humanisme se voient dans notre héros et sa future victime.

 

Car l’histoire va dépasser le simple cadre  des deux hommes, pour se transformer en film dit choral ou polyphonique : ce genre de films, popularisé par le cinéaste américain feu Robert Altman, met en scène plusieurs personnages d’espaces géographiques différents, par conséquent plusieurs points de vue, qui se retrouvent liés par un même évènement. Et cette polyphonie donne une tournure violente quasi horrifique et gore au film. Ce qui mue le film en film de survie, dit survival movie. Le réalisateur a réussit à entreprendre une spirale infernale, où bizarrement plus ça avance, plus il y a des personnages. Ce qui permet de nombreuses courses-poursuite, à pied ou en voiture, en ville ou dans la nature voire à la mer ! La survie est donc tantôt face aux éléments face aux hommes, face à la société. Mais cela ne suffisait au cinéaste sud-coréen, qui inclut aussi un film de vengeance dans la dernière partie du film.

Dans le même registre des films sud-coréens critiqués sur notre site, la violence et l’horreur de J’ai rencontré le Diable et la narration et construction de Bedevilled, The Murderer est un film fleuve, qui prouve une énième fois la vitalité du cinéma de genre sud-coréen, certes avec un peu plus de faiblesse que les 2 autres films cités, mais le même humour noir et acide contre cette société sud-coréenne.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…