Critique de Red Hill

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Red Hill

De Patrick Hugues

Avec Christopher Davies, Kevin Harrington, Richard Sutherland

Australie – 2010 – 1h35

Rating: ★★☆☆☆

Shane Cooper, policier, vient de déménager avec sa femme Alice, enceinte, pour une petite ville, Red Hill. C’est une de ces petites villes australiennes agonisant à petit feu car peu préparée à la transition moderne-sociétale. Et pas croyable, lors de son premier jour, il doit faire face à un évadé de prison, un aborigène du nom de Jimmy, qui pourrait revenir là où il fût arrêté, par conséquent Red Hill.

Voilà un western moderne nous venant d’Australie, car là-bas aussi on peut remarquer les grands espaces, plaines, clairière, champs, ce qui permet au réalisateur de magnifiques et contemplatifs plans d’ensemble. Le western est caractérisé comme affaire d’hommes, par conséquent, hormis la femme de Shane, montrée en génitrice et une autre femme avec qui le shérif Bill se querelle lors d’une réunion municipale, les personnages sont des hommes armés. Excepté Shane, qui a perdu son arme de fonction, ce qui souligne l’interrogation de sa virilité, d’autant plus qu’il a une expérience particulière : lors d’une affaire, il a dégainé son arme face à un gosse ayant dégainé la sienne mais il n’a pas su tirer, ce qui fait qu’il a été blessé (ce personnage me rappelle un des protagonistes de Ichi, une précédente critique). De l’installation d’un univers catégoriquement masculin, des hommes en voiture à cheval ou à pied ; et blanc, le metteur en scène Patrick Hugues l’amplifie par une tournure narrative de chasse et de traque, mais qui est le chasseur ? Qui est la proie ?

Toute l’équipe de police se met en traque de l’évadé, mais c’est lui qui s’avère être le vrai chasseur, imperturbable, froid, au regard terrible (la moitié de son visage est brûlé). On peut même l’entendre à certains moments renifler, son point de vue permet beaucoup de détails dans les plans, car un chasseur ne laisse rien au hasard… Et la chasse se doit de relever de notre instinct animal, ce que les flics n’ont pas, surtout si ce sont des mauvais flics. D’où cette suggestion d’un fermier pensant que des panthères pourraient rôder dans les environs, un animal à la fois gracieux et prédateur. Et de cette traque, nous pouvons au fur et à mesure comprendre que c’est la vengeance qui s’applique…

On peut aussi évoquer la place des aborigènes dans la société australienne dans ce film correct, un problème qui ne semble pas encore réglé aujourd’hui, mais les westerns de maintenant se doivent de dépasser ses codes pour attirer un large public. Le film tend vers cette chose, sans pour autant la conclure. Le côté western reste trop basique par rapport au discours qu’il est censé appuyé.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…