Critique de Red Eagle

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Rating: 4.5/5 (2 votes cast)

Red Eagle

De Wisit Sasanatieng

Avec Anada Everingham

Thaïlande – 2010 – 2h05

Rating: ★★★★☆

 


La Thaïlande se prépare une nouvelle élection nationale, un homme semble être le nouveau porteur d’espoir, un libéral. Car la société thaïlandaise est en proie à la violence, la corruption et la peur, la société attend donc son héros. Mais ce n’est pas celui qu’on croît, le héros sera un homme au masque rouge, aussi violent que ceux qu’il poursuive…

Dans un pitch comparable au célèbre Batman ( un héros ténébreux et violent face à la perversion de la société, envers et contre tous car les détenteurs du pouvoir sont les plus vicieux), voici le super-héros populaire de Thaïlande, Red Eagle, accompagné d’un générique faussement James Bond. Ancien militaire, traumatisé suite à une opération dont il était victime, nettoyage d’une section demandée par le gouvernement, Rome décide, tel Dexter le protagoniste de série télévisée, de punir ceux qui ne l’ont été par la justice. Pour compléter le scénario, il y a une femme, Vanassa, militante anti-nucléaire, en proie aux pressions des autorités et des malfrats, ex-fiancée du chef d’Etat actuel, l’ancien idéaliste ; un duo de policiers, Lieutenant Chart et Sergent Singh, tantôt drôles, tantôt maladroits (« les flics sont les larbins des politiciens » dit le Lieutenant) tantôt héroïques (fusillade dans un marché snack); enfin une secte ancestrale, où chaque membre porte un masque d’antiquité de dragon. Oui, la ressemblance avec la nouvelle trilogie Batman est forte mais le film thaï a son charme. Le protagoniste, tout comme Bruce Wayne, se montre tour à tour plus qu’humain, mec surentraîné déjouant tous les obstacles entre lui et son coupable, survivant même à une balle dans le visage,  tantôt trop humain,  il est dépendant à la morphine.

Le montage est très dynamique, c’est un film d’action, mais moyennement fluide lors de scène de combat rapproché, face aux figurants. Le héros se retrouve dans un triangle dont il serait un sommet, avec la police et le peuple qui en serait un autre, et le dernier serait le banditisme. Cette construction géométrique s’imbrique très bien dans l’espace urbain du film, notamment lors de la course-poursuite entre Red Eagle, la police et le tueur envoyé par la secte, le nommé Black Devil, entre passage sur le toit et combat dans une grande surface puis dans un ascenseur.  D’ailleurs les combats entre Red Eagle et Black Devil, avec le dernier dans la glace, sont magnifiquement soignés, il y a même un effet Matrix… Le réalisateur se permet même une scène d’action en motos, rappelant Mad Max. Mais l’étonnement du film réside dans le travail du fond politique du film : réflexion sur le nucléaire, pots-de-vin gouvernementales, agressions d’hommes de main, moyens de pression, manifestations ou sit-in face aux forces de l’ordre. Le film se veut, comme tout film de super-héros, sur le courage des hommes et jusqu’où ils peuvent aller pour leurs idéaux. Cela s’accompagne d’une violence qui est digérable.

Même si on aurait aimé plus de profondeur pour le héros, car au final on a l’impression que le personnage le plus épais est la femme luttant dans ce monde d’hommes, Vanassa, ce blockbuster venu de Thaïlande vaut son coup d’œil, pour les geeks fans de films de super-héros.

 

 

Hamburger Pimp

 
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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…