Critique des Contes de la nuit

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Les Contes de la nuit

 

De Michel Ocelot

Avec Julien Beramis, Marine Griset, Michel Elias, Firmine Richard

France – 2011 – 1h24

Rating: ★★★★☆

 

Le conte peut être défini comme un récit, généralement bref, d’aventures imaginaires, s’inscrivant dans une visée morale. Michel Ocelot, réalisateur de films d’animation connus tel que Kirikou ou Azur Asmar, est le meilleur exemple français de ce genre. Cette-fois-ci il reprend le même système que son long-métrage Princes et Princesses, une série de contes compilés, mais en s’exportant hors d’occident.

Nous voici alors spectateurs de 6 contes de la nuit ; 2 situés dans un passé historique français (Moyen-âge, Renaissance) ; 1 dans les Antilles, 1 en Afrique, 1 en Amérique et 1 en Asie. S’il y a toujours cette constante graphique et esthétique des personnages en ombres dont seuls les yeux sont délimités, à chaque conte la lumière et les couleurs sont différentes propres à l’histoire. Michel Ocelot montre son souci du détail par les costumes (il y a par moments des séquences d’habillage des personnages), des coiffes ou autres couvre-chefs. Si nous revenons sur les couleurs dans le film d’animation, on peut remarquer qu’elles semblent briller, pour bien appuyer le contraste avec les ombres, comme si l’importance était l’univers, entendez l’espace physique, de chaque conte. En effet, des forêts luxuriantes aux Antilles, aux cités d’or aztèques, en passant par les montagnes tibétaines, chaque monde est propice à la contemplation.

 

 

Ce qui nous amène à une certaine pédagogie de l’image. D’un monde construit que l’on peut contempler, propre à chaque conte on en apprend les rites, les coutumes et aussi une morale. La preuve par 2 fois les préparateurs des contes ; un jeune homme, une jeune femme et un homme bien plus âgé, vont se renseigner dans la bibliothèque de leur vieux cinéma abandonné avant de mettre en scène ces contes. Et étant donné que c’est un film pour enfants, Michel Ocelot met du ludique, c’est-à-dire des caractéristiques ou procédés se référant au jeu : le jeune homme qui travaille son accent créole, la jeune femme qui s’émerveille devant les coupes de cheveux de femmes africaines ou l’homme sage qui explique les cathédrales de la Renaissance. C’est du jeu et de l’amusement car tout se décide pour les contes dans la foulée. Du choix de la région du monde, on décide les pratiques que l’on connaît, que l’on garde et pourquoi avec toujours une annonce de jeu « Vous êtes prêts ? Oui ». En même temps qu’il met en scène le trio apprend et s’amuse.

Cet œuvre, comme les précédentes de Michel Ocelot, ont pour objectif de rapprocher les hommes, de leur différence et diversité à leur ressemblance et universalité, « on a tous un accent », dit le plus âgé du trio. Car voici la richesse des hommes, des choses différentes qui arrivent à se compléter, des contes venus du monde entier, fait par un français qui a pris le temps de s’y intéresser et de les mettre en scène sans trahir le point de vue de départ mais en y mettant son originalité, sa pierre à l’édifice, édifice humain et universel. Voici les nouveaux mots d’ordre : apprendre à travailler et à faire la fête.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…