Critique de La Traque

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La Traque (ex-Proie)

d’Antoine Blossier

avec Grégoire Colin, François Levantal, Fred Ulysse et Berenice Bejo

France – 2010 – 1h20

Rating: ★☆☆☆☆

Est ce par chauvinisme pur ou par accointance que La Traque se retrouve auréolée d’un tel buzz? Le cinéma de genre français est-il à ce point en perdition que la moindre tentative fréquentable soit survendue? C’est ce que l’on est en droit de penser devant l’oeuvre déconcertante de Blossier. Vendu comme étant doté d’un scenar solide et des personnages bien écrits, le film reproduit inexorablement le schéma du film médiocre que l’on sort en salles parce qu’on a investi dedans (et parce que les DTV français, ça s’appelle des téléfilms).

La Traque raconte de manière fouillie la partie de chasse dans laquelle se lance le père, les fils et le gendre, afin de buter un sanglier qui a l’air sacrément balaise (c’est des chasseurs donc forcément, ils y vont juste pour le défi). Mais, très vite,ils se rendent compte qu’ils n’ont pas affaire à un sanglier de base mais à des mutants…. Je vosu fais grâce de l’intrigue secondaire familial dont on se fout éperdument…

Après une introduction ultra longue et inutile digne d’un épisode de Plus Belle la Vie, pour poser très grassement la psychologie binaire de personnages à peine attachants (le vieux paysan, le fils chasseur, l’autre industriel, la fille enceinte et son mari de la ville, un vrai jeu de 7 familles), le film se lance dans la fameuse traque de manière totalement aléatoire, condensant moults éléments et revirements dans le temps restant, vu que la scène d’intro a duré des plombes. Rappellons que l’une des grande force de Haute Tension d’Aja réside justement dans sa mise en place brutale et quasi in media res de l’action. Visiblement, le jeune expat’ est loin d’avoir fait des émules…

S’enchainent par la suite des scènes d’une tension bien molle pour un thriller, ressemblant d’avantage à une partie de cache cache nocturne dans le sous bois d’à côté qu’à une réelle partie de chasse. Certes, le réalisateur a eu la présence d’esprit (certains diront la ruse…) de minimiser les apparitions à l’écran de son bestiau, histoire de ne pas sombrer dans un ridicule sans fond au vue du budget imparti, mais cela ne limite pas pour autant la casse. Ca donne juste des bruissements dans les herbes hautes et des grognements épars… On en tremble encore!

Même configuration que pour La Meute, ce ne sont pas les acteurs qui sont à blâmer mais plutôt l’alignement de dialogues mal écrits (voir à peine écrits) qui rend le tout passablement risible. Ajoutons à cela une réalisation pas fameuse, alternant instant shakycam (et oui, un sanglier, ça secoue), zoom tardif et rapide en fin de plan, plongée/contre plongée illisibles (la scène de l’arbre…), caméra subjective de tout (de l’homme au sanglier), bref, un condensé d’effet de style qui ne parvient qu’à rendre encore plus incompréhensible des scènes déjà  indéchiffrables car tournées de nuit. Notons également le running gag (enfin c’en était pas vraiment un, mais au final, ça y ressemble) du téléphone qui sonne un nombre incalculable de fois pendant leur traque et le tableau est dressé. Aucune tension, aucun suspense ne fonctionne réellement, la faute à la mise en scène et aux innombrables incohérences que traine le scénario, une psychologie des personnages aussi poussée que celle du Cluedo (enfin, sauf peut être pour les sangliers…), qu’une belle photo soignée ne parvient pas à sauver.

On se rematerait bien Humains pour la peine, qui lui, avait le mérite d’être drôle…

 

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.