Critique d’Ichi

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Ichi

De Fumihiko Sori

Avec Haruka Ayase, Takao Ohsawa, Yôsuke Kubozuka

Japon – 2008 – 1h58

Rating: ★★★☆☆

Ichi est une jeune fille aveugle de naissance. Depuis toujours, elle a grandi avec un homme, lui-même aveugle, dont elle ne connaît pas le vrai lien de parenté. Pourtant cet homme l’a initié à la voie du sabre et confié son éducation à une troupe de musiciennes aveugles. Malheureusement victime de viol, elle fût chassé de la troupe, et décide de retrouver l’homme aveugle sabreur…

Voici une reprise de la figure du samouraï aveugle, différent de Zatoïchi car c’est une femme à qui nous avons affaire dans ce blockbuster du soleil levant. Est-ce pour cela que le metteur en scène se permet une rencontre amoureuse qui est le fil rouge du film ? Bien que tous les ingrédients du film de sabre soient présents (défendre la veuve et l’orphelin des nobles, un méchant sachant manier le katana, la solitude comme seul ami…), l’amour n’étant pas nécessaire dans ce genre de film, devient ici le moteur. On peut marquer 5 étapes dans la rencontre amoureuse au cinéma : le regard, la communication orale, le contact tactile, le baiser, l’acte sexuel. Le film étant japonais, vous pouvez deviner si toutes les étapes seront franchies… De plus tout oppose au départ Toma et Ichi. Elle a un lien fort avec une figure paternel, pour Toma c’est le lien maternel, d’ailleurs les figures parentales ont une place particulière, notamment pour les seconds rôles, Kotaru et Toraji. Elle manie le sabre de sang-froid à cause d’un souvenir douloureux, lui a peur d’user de son sabre à cause d’un souvenir douloureux et ne se montre pas viril, elle ne va pas vers les autres, lui, ne fait que ça.

Et si nous nous attardions sur les autres figures et procédés du film de chanbara ? On remarque d’amblée le travail du réalisateur en ce qui concerne la nature et le temps climatique : c’est une poésie de la dramaturgie de la nature, qui peut à certains moments signifier le for intérieur des personnages (neige, pluie, grotte, bord d’étang…). Pour ce qui est des combats, le traitement propose un résultat classique malheureusement, basé sur le slow motion (ralenti avec mouvement de caméra) alterné avec du temps réel (24 images par secondes). Néanmoins, Fumihiko Sori porte beaucoup d’importance au cérémonial. En effet, les personnages positifs portent des couleurs froides, les méchants plutôt des couleurs chaudes et mal assortis, ce qui permet de mieux signifier les différentes communautés, notamment lors la bataille de fin… Et ajoutons les marques de tradition japonaise, synonymes de cérémonial comme le repas ponctué d’une saltimbanque, la séance de jeux de dés ou la motivation virile…

Bien que le film regorge d’idées originales et d’ambitions, il se révèle au final peut-être trop classique et ne creuse pas assez le genre dont il s’inspire, mais un film de samouraï se doit toujours d’être appréhendé et vu.

 

Hamburger Pimp

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Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…