Critique de Comment voler un million de dollars

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Rating: 3.5/5 (2 votes cast)

How to steal a million

De William Wyler

Avec Audrey Hepburn, Peter O’Toole, Eli Wallach

Etats-Unis – 1966 – 2h03

Rating: ★★★★★

Nicole Bonnet, jeune parisienne issue d’une famille d’artistes, apprend que son père, en plus de vendre des imitations d’œuvres de peinture célèbres, veut prêter pour une exposition la statuette Vénus de Benvenuto Cellini. Puis, lors de la soirée de l’inauguration de la statuette, un jeune homme entre par effraction chez les Bonnet, Nicole, restée à la maison, le surprend…

Si Celluloïdz ne vous pas appris le buddy movie , il vous a appris le caper movie, le film de braquage, voici maintenant le heist movie, le film de cambriolage, ou plus argotique, le film Arsène Lupin. De la première scène de cambriolage aux allures de raté et de rencontre amoureuse, le « casse » comme on dit, se montre sérieux, détaillé dans sa préparation, avec gadgets et costumes. À cela s’ajoute le jeu des regards, des différents personnages jouant sur la suspicion, le ballet des hommes en uniforme surveillant le musée, tout cela tel un jeu que seuls les adultes peuvent faire, tout comme les imitations de peinture. En effet, le cambriolage prend alors une forme de jeu d’échecs où il n’est pas préférable d’avancer tous ses pions. D’ailleurs on pourrait s’amuser à signifier chaque personnage à une pièce particulière car chacun des personnages est excentrique…

On peut même remarquer que les protagonistes Nicole et Simon, sont les plus « normaux ». Audrey Hepburn, grâce incarnée (même ses mimiques et autres grimaces sont touchantes), complète par son expression de jeune femme innocente, tantôt féline tantôt bon chic bon genre, le charme dandy de Peter O’Toole, ce qui amène ces personnages à tomber amoureux, le roi et la reine du jeu d’échecs. Le père de Nicole, Charles Bonnet, à la barbe fantaisiste et à la bonne descente d’alcool, pourrait signifier le fou, passionné de l’art au point de « se prendre pour les artistes », avec une attitude grandiloquente et les yeux pleins de malice. Davis Leland serait la tour, seulement des trajectoires droites et rectilignes, il sait ce qu’il veut et l’obtient toujours, excepté Nicole (la demande en mariage la plus drôle du cinéma ?). Quant au cavalier, c’est la cavalerie ! En effet, les gendarmes travaillant au musée, semblent être parqués comme dans un labyrinthe, à la limite de la crise de nerf et de la folie.

Finissons par suggérer que si William Wyler utilise autant de reflets dans son film (de nombreux miroirs à taille d’homme), cela est sûrement pour nous rappeler que l’art est illusion, mais cela n’empêche pas une certaine valeur, qui dérape avec les prix exorbitants de l’époque du film jusqu’à maintenant. De plus, le réalisateur se permet deux voire trois séquences d’art, sculptures et peintures dans leur état le plus brut, faisant abstraction du caractère muséal. Sinon, peut-être que tout simplement le meilleur art du monde reste l’amour.

 

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…