Critique d’Assault Girls

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Asaruto Gâruzu

De Mamoru Oshii

Avec Meisa Kuroki, Hinako Saeki, Yoshikatsu Fujiki et Rinko Kikuchi

Japon – 2009 – 1h10

Rating: ★★★★☆

Personnage hétéroclite (romancier, mangaka, réalisateur d’anime, cinéaste, scénariste et producteur), Mamoru Oshii s’est imposé comme le plus important des réalisateurs cyberpunk, principalement en deux films, Ghost in the shell (1995) et Avalon (2001). Ce dernier, plus frontal, présentait un monde futuriste en décrépitude dans lequel une jeune femme nommée Ash gagnait sa vie en allant dégommer les soldats d’un univers virtuel grâce à un jeu vidéo branché sur son cerveau.

S’il n’est pas à proprement parler une suite d’Avalon, Assault Girls reste dans le même monde. Trois jolies guerrières et un crétin surarmé jouent dans le monde d’Avalon-f, sorte de Counter-Strike du jeu initial où l’on part chasser de gigantesques monstres des sables pour gagner des niveaux. Chaque jouer est présenté avec son pseudo : Jager, le type en guenilles croulant sous son équipement, puis Gray et Colonel, deux guerrières redoutables, à la fois semblables et opposées (façon Ruy et Ken de Street Fighter) et enfin Lucifer, gothique un brin perchée qui peut se transformer en corbeau géant et lancer des sorts, accentuant davantage la dimension RPG du film.

Quatre acteurs, un désert et des effets numériques. Oshii ne bénéficie pas des mêmes moyens que ceux d’Avalon. Il n’en bâcle pas pour autant ses scènes d’action qui, comme à son habitude, viennent déchirer un climat général plus méditatif (deux poêles à frire s’entrechoquant dans un bruit de cloche, un escargot qui rampe sur une statue). Le réalisateur japonais se veut contemplatif sur un monde que l’on sait pourtant factice. Chapitré en sortes d’haïkus qui mettent en parallèle Dieu et le jeu, Assault Girls multiplie les citations au jeu vidéo, dont un combat en quatre rounds qui rappelle que Mamoru Oshii sait aussi faire du comique. La longue introduction explicative renvoie quant à elle au cinéma de Chris Marker, La Jetée et Level Five en particulier.

Mamoru Oshii livre un travail honnête, conciliant grand spectacle et réflexions zen. S’il ne cherche pas à atteindre les mêmes profondeurs vertigineuses qu’Avalon, Assault Girls reste un film d’action SF aux idées inventives, tellement inventives qu’elles seront reprises parmi d’autres dans le glouton Sucker Punch. La sortie DTV par WE Prod répare donc une injustice presqu’inespérée puisque le film de Zack Snyder sort en Blu-Ray dans un mois. En revanche, hormis des bandes annonces du catalogue, il n’y a pas de vrais bonus à se mettre sous la dent.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».