Critique d’X-Men Le Commencement

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X-Men First Class

de Matthew Vaughn

avec James McAvoy, Michael Fassbender et Kevin Bacon

Etats-Unis – 2011 – 2h10

Rating: ★★★★★

Dans les années 60, deux mutants à la recherche de leur identité se rencontrent et n’emprunteront pas le chemin le plus facile pour créer la plus grande équipe de super-héros.

« Je m’attendais vraiment à ce que ce soit super bien, Vaughn est un réalisateur que j’aime bien, vraiment, entre Layer Cake et Stardust, son parcours me parle, que ce soit dans cette relecture du film de gangster ou du conte de fées, ici, il s’en sort bien mais n’a pas les ressources qu’il faut pour faire de son bon film un très bon film.
Espérons qu’il sera plus gâté quand il commencera la réalisation du nouvel opus d’X-Men. »

Voici ce que je disais à propos de Kick-Ass il y a quelques mois à peine. Et bien je peux vous dire que Vaughn,en signant son X-Men signe aussi son meilleur film.

Pourtant, c’était pas toujours facile d’y croire. Entre l’adaptation à tout va de tout et n’importe quoi et la déception récente de la part de l’auteur, ainsi que l’annonce que le film aurait une deadline, laissant ses auteurs faire ça à la va vite, je flippais. Puis vinrent les premières bandes annonces, et avec elles, l’espoir d’un film atypique, fait par un auteur qui donne sa vision, un film qui a l’air de confirmer ce que je dis toujours : Il n y a pas de mauvais personnages, et un film, comme un comic-book l’oeuvre ne nait pas par l’action du Saint Esprit et elle est le fruit d’un travail produit par un auteur, bon ou pas. La bande annonce nous montre qu’on va nous parler des X-Men, évidemment, de leurs débuts en tant qu’équipe, mais montre aussi que le film parlera de notre monde à cette époque, des années 60, de la guerre froide, le tout servi par des acteurs qui ont l’air plus que bons et que j’aime beaucoup, le trop rare Kevin Bacon et Michael Fassbender en tête.

Ainsi, je partais confiant et curieux.

J’avais raison.

Dès le début, le film donne le ton. Un ton sérieux qui caractérise les deux premiers opus de la saga, un ton qui vous dit « On va vous raconter une histoire d’intolérance », et Vaughn s’y tient, il réussit le pari fou de puiser dans l’inconscient collectif afin de retranscrire les années pendant lesquelles se passe le film, s’inspire de la réalisation des deux premiers, raconte chaque personnage et ses préoccupations, sa place dans le monde, et nous offre bien plus qu’une simple préquelle au canon principal.

Chaque personnage a sa place dans cet univers, et tout est axé sur la volonté de nous montrer une relation tragique, son début, sa fin. Cette relation, c’est celle de Magneto et Charles Xavier, la manière dont la colère monte chez le premier, et la manière dont la sagesse monte dans ce dernier. Tout en montrant leurs doutes, leurs parcours, ce qui les motive.

Le film est de la même teneur que le deuxième volume réalisé par Bryan Singer, nous offrant un rythme beaucoup plus soutenu et une réalisation légèrement en deçà mais bourrée d’idées.

J’aime vivre dans un monde où un film comme cela peut exister, où les spectateurs voulant voir leurs héros préférés à l’écran ne sont pas pris pour des cons, où le fait qu’un film fasse partie d’une licence ne retire rien à sa qualité, où on nous présente un univers plutôt que le prochain jouet accompagnant le Happy Meal, où Magneto et James Bond fusionnent. C’est un film tout en subtilités qui réussit à toucher, à faire réfléchir, à donner des frissons à l’apparition d’un personnage qu’on aime ou qu’on suit, tout en respectant les non « geeks », ne se noyant jamais dans les références.

C’est fou de se dire qu’en plus de toutes ces qualités, le film a été fait dans la hâte pour satisfaire les caprices des producteurs, comme quoi, avec des films comme celui ci et d’autres sortis cette année, l’entertainment de qualité a encore de beaux jours devant lui.

Matthew Vaughn, désolé d’avoir douté de toi la dernière fois, mais en même temps, t’avais fait de la merde. Je t’aime, un peu.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.