Critique de The Prodigies

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The Prodigies

D’Antoine Charreyron

Avec la voix de Mathieu Kassovitz

France/Royaume-Uni/Inde/Belgique/Canada/Luxembourg – 2010 – 1h27

Rating: ★★★★☆

Sorti au cinéma le même jour que la réédition Blu-ray d’Akira, The Prodigies raconte lui-aussi une histoire de gamins aux superpouvoirs pas contents. Ici, c’est cinq adolescents qui, comme dans Le Village des damnés, ont le pouvoir de contrôler les autres par la force de l’esprit et qui partagent entre eux un même lien télépathique. Et lorsque l’une des filles du groupe se fait violer par deux brutes, c’est toute la bande qui subit le viol télépathiquement. On ne s’étonnera donc guère qu’ils cherchent à châtier leurs agresseurs. Un vrai rape and revenge futuriste. Mais la bande d’adolescents en a gros sur la patate et c’est tout le reste du monde qui est désormais menacé.

Adapté du roman La Nuit des enfants rois de Bernard Lanteric (1944-2009), le scénario d’Alexandre de La Patellière et de Matthieu Delaporte (tous les deux auteurs de Renaissance) surprend par sa violence, pourtant atténuée par rapport à l’œuvre originale. Car, si on peut reprocher à The Prodigies de mettre du temps à démarrer, on ne pourra pas l’accuser de lâcher la pression une fois les hostilités ouvertes et ce, jusqu’au climax où le film atteint la même hystérie dans la violence que l’anime de Katsuhiro Otomo cité plus haut.

 

 

Entre temps, il faudra accepter le visuel du film, tout en images de synthèse et motion capture, sachant que la production a été des plus chaotiques (studio en faillite, délocalisation en Inde, sortie repoussée) et loin d’être exhaustive. Si la 3D n’ajoute rien de particulier à l’ensemble, le travail du production designer Viktor Antonov (le jeu Half-Life 2) reste un parti pris radical avec ses couleurs contrastés, son approximation dans les détails physiques et son aspect matière plastique, pour ne pas dire jeu vidéo. De quoi faire tiquer les spectateurs les plus exigeants.

Si on n’est pas encore chez Pixar, on se rapproche en revanche considérablement des influences de l’anime japonais par la réalisation d’Antoine Charreyron. Celle-ci brille pour mettre en valeur toutes les chorégraphies violentes qui ponctuent le film, comblant la faiblesse esthétique par une perfection des mouvements et des cadrages, parfois jusqu’à la limite de l’esbroufe. Mais le contexte de film d’animation SF s’y prête totalement.

Au final, The Prodigies se révèle comme une excellente et agréable surprise, confirmant avec Kaydara que le cinéma de genres français a peut être de nouvelles cartes à jouer dans le domaine de la SF. Si on ne s’étonnera pas d’apprendre que Jan Kounen se lance dans l’adaptation (en animation forcément) de La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, on se demandera juste si le public est prêt à soutenir ce genre de films. De notre côté, on espère que oui.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».