Critique de Solo pour une blonde

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The Girl Hunters

De Roy Rowland

Avec Mickey Spillane, Shirley Eaton et Lloyd Nolan

Royaume-Uni – 1963 -1h29

Rating: ★★★☆☆

Mickey Spillane est à l’honneur dans une réédition DVD par Carlotta Films de Solo pour une blonde (The Girls Hunters), quatrième film de la série des adaptations cinématographiques des aventures de Mike Hammer. Pour beaucoup, Mike Hammer c’est le nom d’une vieille série télé des années 80 sur un détective privé moustachu campé par Stacy Keach. Pour les cinéphiles, c’est aussi En Quatrième vitesse de Robert Aldrich, thriller nerveux à résonnance apocalyptique de 1955. Mais Mike Hammer, c’est surtout le héros d’une série de romans policiers qui assura la fortune de son prolifique rédacteur, Mickey Spillane. Les clés du succès : plus de sexe et de violence que dans le roman noir habituel des années 40. La critique hurle mais le public adore.

Etant le genre de mec qui n’a peur de rien ni de personne, Mickey Spillane endosse lui-même le rôle du personnage qu’il a créé, dans un film de 1963, The Girl Hunters, ce qui constitue en soi quelque chose d’assez inhabituel. Mike Hammer est devenu alcoolique suite à la disparition de Velda, sa maîtresse et secrétaire. Il est recueilli ivre par son ancien ami le capitaine Pat Chambers pour recevoir les confessions fracassantes d’un voyou agonisant : Velda serait vivante et sa disparition liée au meurtre d’un sénateur. Chargé d’élucider l’affaire, et décidé à se venger, le détective privé va trouver sur sa route Laura, la veuve du politicien assassiné, une jolie blonde dont le charme agit  puisqu’elle est jouée par Shirley Eaton, un an avant qu’elle ne soit peinte en or dans Goldfinger.

En dehors d’une scène de bagarre autour d’une scie circulaire, The Girl Hunter est un film bavard qui va principalement s’orienter sur le jeu de séduction entre Mike Hammer et Laura. Le réalisateur Roy Rowland (Les 5 000 Doigts du Docteur T.) soigne principalement ses scènes avec Shirley Eaton dont l’apparence aussi sexy que sixties donne un coup de frais à un film qui donne l’impression d’avoir été réalisé en 1947. Pourtant, Mickey Spillane, à défaut d’être un brillant acteur, arrive à exprimer l’aspect cynique de Mike Hammer par des répliques écrites sur mesure qui font parfois mouche (« Je ne frappe pas les femmes, je leur tape dessus ») pour décrire l’aspect singulier de son personnage. Une singularité qui explose dans un climax assez jubilatoire.

En supplément, on trouve le documentaire « En attendant Lili : Trois jours avec Mickey Spillane » de Christian Bauer (1991). Un bonus assez passionnant puisque le romancier s’y livre sans complexe sur son mode d’écriture, sa vision de la littérature, ses rapports avec Hollywood et son affection pour les armes à feu. Se qualifiant lui-même de « chewing-gum de la littérature américaine », Mickey Spillane, décédé en 2006, méritait bien une édition à sa mémoire.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».