Critique Le Chat du Rabbin

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Le Chat du Rabbin

De Joan Sfar et Antoine Delesveaux

Avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi

France – 2011 – 1h35

Rating: ★★★★★

Il est un chat dans l’Alger français d’époque, les années 20, où les arabes et les juifs ne pouvaient s’asseoir à toutes les terrasses de leur propre pays, qui avait comme maître un rabbin de la communauté juive du port. Mais son amour tout entier est dirigé vers la fille du rabbin Sfar, Zlabya. Un jour en mangeant un perroquet, le chat apprend l’usage de la parole et par conséquent l’usage de la réflexion…

Le réalisateur de Gainsbourg, vie héroïque adapte son propre conte au départ bande dessinée sur un être, un chat en l’occurrence découvrant la religion, la science et les arts. D’un trait de dessin assez classique, sans fioritures mais avec beaucoup de fantaisies, nous assistons à un bouillonnement d’humour et de baroque. En effet, l’usage de la parole fait du chat sans nom un chat savant, découvrant simultanément la foi et le doute (il veut faire sa bar-mitsvah), les rêves complexes et les cauchemars tortueux, enfin l’appréciation de la nature amenant à l’art. Il en résulte un film animé où la parole fuse de toutes parts, on discute beaucoup, pourtant de toujours la même chose, le sens de la vie, mais cela ne lasse pas.

Et peut-être que si l’on discute longtemps, c’est pour permettre de faire un portrait de différentes communautés d’Afrique rencontrées (il y aura comme un sorte de pèlerinage…). Que ce soient les français, méprisant à l’égard des autochtones, les intégristes musulmans noirs du désert où si l’on vit par l’épée on meurt par l’épée, les touaregs experts en musique, un certain reporter franco-belge tourné en ridicule, un russe évitant les pogroms, enfin les Falachas dits les juifs noirs d’Afrique, c’est toujours l’humour qui est le fil rouge pour traiter du racisme et des différences des peuples ainsi de ce qui permet de les unir. Même le rabbin fait preuve de préjugés, il veut découvrir l’Afrique avec le livre d’André Citroën, quand son cousin le cheik lui dit de regarder avec ses yeux l’Afrique ! Oui, il est évident que pour découvrir des gens différents de nous, ce n’est pas des livres dont nous avons besoin, mais d’être dans leur environnement.

Conte, fable, le mot est faible. Proche du délire des frères Coen A Serious Man, dans cette explication absurde du sens de la vie, Le Chat du Rabbin est une œuvre humaniste, en résonnance directe avec le climat de la France actuelle, malade socialement, qui peut nous aider à renouer entre concitoyens.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…