Critique de Rampage – Sniper en Liberté

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Rampage

De Uwe Boll

Avec Brendan Fletcher, Shaun Sipos, Matt Frewer, Lynda Boyd et Michael Paré

Allemagne/Canada – 2009 – 1h39

Rating: ★★★☆☆

Comme dirait Dino dans La Classe Américaine, Uwe Boll est un ouf malade. Un type capable d’enchaîner 5 films en une année, de réunir des castings has-been de rêve sur des navets heroic fantasy et de régler ses comptes avec les critiques de cinéma sur des rings de boxe. Il fait surtout n’importe quoi comme une comédie sur le 11 septembre dans Postal ou de la nazixploitation gore maquillé en film historique dans Auschwitz. Uwe Boll aime tendre le bâton pour se faire battre en repoussant les limites du bon goût et du politiquement correct. Quitte à aller nulle part.

Tel ce nihiliste Rampage, film de 2009 sorti récemment en DTV chez nous, qui combine à la fois les carnages gratuits en plein centre ville, mode joueur de GTA qui s’ennuie, et les films comme Elephant, Taxi Driver, Orange Mécanique, 71 Fragments d’une chronologie au hasard, Tueurs Nés… Sans arriver à la cheville des modèles cités précédemment (bon, pour Tueurs Nés ça se discute), Rampage parle de Bill, un jeune looser qui décide de sortir de chez lui armé jusqu’aux dents et recouvert d’une protection en kevlar. Pas vraiment slasher, ni serial killer, ni même sniper. Plutôt tueur de masse.

Annoncé par des flashforwards plutôt soft durant la première partie, le massacre surprend par son ultra-violence. Uwe Boll met donc le paquet (comme Bigard) : une hécatombe de victimes innocentes et froidement abattues, des explosions partout, une ville en panique. Et surtout Bill, un super méchant hyperpuissant et sans adversaire dont le plan savamment calculé se déroule à merveille. Rampage suit son héros guère sympathique au plus près, par des longs plans caméra sur l’épaule, tissant une intimité sournoise avec son spectateur contraint d’assister en toute complicité à l’accomplissement de sa quête atroce. Les leçons de Funny Games ont bien été retenues. Sauf que Uwe Boll réfléchit beaucoup moins que Michael Haneke, élaborant la motivation de son personnage sur une parodie de discours contre la société de consommation, vite retourné dans un final glaçant de cynisme et d’idéologies nazies. On ne saurait encore vous dire si Uwe Boll est un réalisateur d’extrême-droite. En revanche, s’il y a une chose sûre, c’est que Uwe Boll est un ouf malade.

Bien que filmé sans style et pensé avec les pieds, Rampage fonctionne et remplit son contrat de film bourrin débile à la moralité révoltante. Guère honnête mais redoutablement efficace.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».