Critique de Priest

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Priest

de Scott Charles Stewart

avec Paul Bettany, Karl Urban, Cam Gigandet, Christopher Plummer et Maggie Q

Etats-Unis – 1h27 – 2011

Rating: ★☆☆☆☆

Scott Charles Stewart serait-il un frustré du catéchisme? La question se pose dès le titre de Priest. Il faut dire que le premier film du bonhomme se nommait Légion: L’Armée des Anges, c’en est presque à se demander si son prochain projet ne sera pas le remake des Dix Commandements.
Mais le film étant l’adaptation du manwha Priest de Hyung Min-woo, on pressent la relégation de la religion au second plan. Et sur ce coup là, Stewart ne nous déçoit pas, l’Eglise étant juste là comme antagoniste mou et menaçant (et encore, de loin), sorte de Big Brother obligatoire pour toute bonne bande SF, référence à 1984 oblige. Bref, une entité supérieure et puissante ayant bâti son piédestal et son pouvoir sur le dos des Prêtres, soldats kung-fu de Dieu, qui ont mis fin à la guerre entre humains et vampires, avant d’être gentiment mis au ban de la société. L’histoire suit donc un de ces Prêtres, présenté rapidement dans une très belle scène d’exposition en anime, qui, suite à l’enlèvement de sa nièce par des vampires (ressemblant plus à des goules qu’à Edward Cullen), part à sa recherche, malgré la désapprobation des espèces de Cardinaux qui règnent sur la ville pleine à craquer et ultra polluée (référence à Blade Runner oblige, clairement exploitée dans la scène d’arrivée du Prêtre dans la ville) au milieu du désert , sorte de zone interdite ultra dangereuse avec des barjots en moto (référence à Star Wars ou Mad Max oblige).

Mêlant le western (référence à La Prisonnière du Désert oblige), la science fiction post-apo (entre costumes en toile de jutede moine et miliciens limite Judge Dred), le fantastique (les fameux vampires, le perso du Prêtre très Donjons et Dragons, n’en déplaisent aux rolistes), le film s’engouffre pourtant dans la facilité du bullet time (référence à Matrix oblige) et des chorégraphies brouillonnes, si forte soit la tentation en matière d’adaptation de comic asiatique, surtout lorsqu’on ne reprend que très vaguement son matériau original. Bourré de références (vous l’aurez compris) qu’il cite à tour de bras, disséminant ça et là de bonnes idées qu’il ne pousse jamais jusqu’au bout, Priest promet bien plus qu’il ne peut donner. Regroupant un panel d’acteurs issus de moitié de la télé (Stephen Moyer de True Blood, Alan Dale d’Ugly Betty, Cam Gigandet de Newport Beach), de l’autre, issus de carrières foireuses ou de statut d’éternel second rôle (Brad Dourif, Karl Urban en sosie de Hugh Jackman en pistolero, et dans le rôle titre, un Paul Bettany déjà présent dans Légion…), le film s’effondre rapidement, entre jumpscares prévisibles et insensés et le sentiment intense du spectateur que le réal ne sait pas vraiment comment raconter son histoire. Alors du coup,à défaut, il se promène de son monde, au demeurant très beau (et très vide), dissémine des indices sur le passé de son mystérieux héros (enfin, Paul Bettany, quoi… pas vraiment du genre mystérieux), sur le pourquoi du comment de ce qui va se passer, au point de désintéresser son spectateur. On attend vraiment que le film décolle, surtout après la mise en bouche avec la scène animée du début, mais malheureusement, le moment ne vient pas. Restant convenu et presque caricatural dans ses scènes d’action, mou du genou dans sa narration, se reposant sur des personnages pas assez écrits et exploités pour être charismatiques ou attachants, Stewart ne parvient pas à faire prendre la mayo, aussi chers et référencés puissent être ses ingrédients.

 

Pas assez fou pour être un bon film de divertissement, pas assez long pour devenir un standard de fantasy, Priest est à inscrire sur la longue liste des films qui ont couté une blinde pour que cinq minutes après votre sortie de la salle, vous vous en souveniez à peine…

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.