La J-Horror en 10 Films

 

 

À l’occasion de l’évènement se déroulant à la Maison de la Culture du Japon, s’intitulant Les spectres de la J-Horror, une rétrospective du cinéma fantastique japonais (accompagnée de concerts) du 6 mai au 1er juin, revenons sur le style à part venant du soleil levant. En effet, depuis le succès mondial de Ring, nous sommes intrigués par le genre que l’on pourrait définir par film de fantôme japonais voire film de femme-fantôme japonais. C’est un genre vieux de 50 ans, auparavant il s’inscrivait dans une optique de conte traditionnel, un film de costumes. Maintenant ce genre de film s’efforce de réfléchir sur la société postmoderne japonaise, entre béton architectural et crise de la cellule familiale. Voici 10 films retraçant plus de 70 ans d’histoires.

 

Le Tour de passe-passe

 

Le Tour de passe-passe de Shigeyoshi Suzuki (1927)

Un garçon doit garder une enveloppe pleine d’argent, sans y toucher. Elle lui a été donnée par un magicien. Il est facile de comprendre que ce film muet est un conte moral teinté de fantastique.

 

 

 

 

Le mystère du Shamisen Hanté

Le mystère du Shamisen Hanté de Kiyohiko Ushihara (1938)

Traditionnellement, au Japon, le boyau de chat servait de matière première aux artisans luthier pour la fabrication des cordes de shamisen. Dans cette histoire terrifiante, l’esprit d’un chat sauvagement assassiné et dépecé pour ses boyaux revient hanter la vie de son bourreau. Ce film prend base dans une histoire de rivalité entre deux femmes amoureux du même homme, d’ailleurs l’une est tuée par l’autre, alors la vengeance se fait par le fantôme femme-chat pour sa maîtresse défunte.

 

Le Fantôme de Yotsuya

 

Le Fantôme de Yotsuya de Keisuke Kinoshita (1949)

Adaptation d’une pièce de kabuki, où un samouraï est prêt à se débarrasser de sa femme par tous les moyens pour en épouser une autre, le film fantastique réfléchit sur la culpabilité humaine (ça me colle à la peau ce délire…). Une deuxième adaptation se fera 10 ans plus tard.

 

 

 

 

Les Contes de la lune vague après la pluie

Les Contes de la lune vague après la pluie de Kenji Mizoguchi (1953)

Chef d’œuvre incontesté du cinéma, fait par un membre du trio magique japonais (Akira Kurosawa et Yasujiro Ozu complétant), ce film narre la vie de deux beaux-frères dans un japon soumis à la guerre civile, quand l’un deux tombe amoureux d’une femme qui serait un fantôme. Entre avidité et cupidité, le grand réalisateur japonais livre un conte moral très codifié.

 

 

Kwaïdan de Masami Kobayashi (1964)

Kwaïdan

Film en 4 épisodes, nous sommes face à des histoires de fantômes directement issues du folklore japonais : un samouraï, deux bûcherons, un aveugle et un écrivain sont les héros des courts-métrages. Le film fût considéré comme trop long à sa sortie, c’est le deuxième conte, La femme des neiges, en a fait les frais, il fût supprimé en devenant un objet rare, car la plupart des copies en circulation ne l’ont pas.

 

 

 

House

House de Nobuhiko Obayashi (1977)

Une jeune fille contrariée par le remariage de son père, part en vacances à la campagne avec des amies. Mais des choses faits étranges inquiètent la population. Considéré comme une parodie du genre (humour noir), ce film est culte en Angleterre.

 

 

La Chanson maudite de Teruyoshi Ishii (1988)

La Chanson maudite

Faux-documentaire, donc docu menteur, sur une chanteuse de j-pop, c’est un vrai film d’épouvante. Un mélange de Projet Blair Witch et de C’est arrivé près de chez vous (c’est la télévision qui la suit). Le scénario est fait par Chiaki Konaka, vous le connaissez peut-être, il est l’auteur du manga le plus énigmatique qui soit : Serial Experiments Lain.

 

 

 

Ring de Hideo Nakata (1998)

 

Ring

Tous les superlatifs sont bons pour ce film, mêlant drame familiale, film noir et fantastique. En effet une femme, fraîchement mère célibataire, vient de perdre sa nièce qui aurait vu une vidéo maudite. C’est la première fois qu’on inclut dans ce genre de film, le film de fantôme, un objet totem clairement actuel et technologique : une cassette vidéo. Oubliez les suites et les remakes, il n’y a que le premier volet qui est culte.

 

 

Marebito de Takashi Himizu (2004)

Marebito

 

En premier rôle, l’indéfinissable et culte réalisateur et acteur Shinya Tsukamoto (Tetsuo), qui joue un homme obsédé par les phénomènes de peur, filmer tout et rien dans un Tokyo rempli d’humains transformés en insectes par le système de vie, il y a une importance d’ailleurs pour la vie souterraine (métro, cave…). Tourné en seulement 8 jours, le film interroge les mécanismes de la terreur.

 

 

 

Cold Fish

Cold Fish de Shion Sono (2010)

Un modeste marchand de poissons vivants est pris dans les filets d’un couple d’aigrefins assassinant de la façon sanglante et quasi cannibale leurs rivaux en affaire. Une œuvre à la fois ultra-sanglante, ironique et émouvante qui réfléchit sur l’impossibilité de l’idée-même de famille, dont le metteur en scène la présente comme l’une des structures de répression les plus violentes qui soient (hypocrisie, lois sociales, affaires d’argent…). Ce film est dans la continuité du précédent long-métrage du réalisateur L’Enfer.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…