Critique de La Course à la mort de l’an 2000

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Death Race 2000

De Paul Bartel

Avec David Carradine, Sylvester Stallone, Simone Griffeth et Mary Woronov

Etats-Unis – 1975 – 1h19

Rating: ★★★★★

Comme son nom l’indique, Death Race 2000 est un film de course futuriste avec des morts. Les morts en question sont en grande partie des civils fauchés par les bolides meurtriers des cinq concurrents. Ces derniers marquent ainsi des points suivant l’âge et le sexe des personnes qu’ils écrasent le long de leur traversée des Etats-Unis (70 pour un gamin, 100 pour un vieux). Vénérés comme des demi-dieux, les pilotes ont chacun leur style: Myra la blonde nazie crie « blitzkrieg » quand elle fait un carton tandis que Mitraillette Joe Vinterbo, un bourrin en costard interprété par Sylvester Stallone, chamboule le règlement de la course en écrasant les membres du staff. Mais le vrai champion, c’est Frankenstein (David Carradine), le mystérieux vétéran qui a survécu à toutes les courses et toutes les greffes d’organes. La télévision en a fait le symbole national d’un gouvernement facho basée sur l’élitisme et le contrôle médiatique. Il ne manque plus que des terroristes qui espèrent renverser le pouvoir en dégommant les concurrents pour faire de cette Course à la mort de l’an 2000 un joyeux bordel.

 

Quelque part entre Orange Mécanique et Les Fous du Volants se situe cette production de Roger Corman, œuvre culte du cinéma fantastique des années 70 qui sent bon le pot d’échappement façon Point Limite Zéro. Les bolides ont ainsi la part belle, customisés en monstres, souvent filmés au ras du bitume. Un sentiment de vitesse accentué par le montage sous coke qui jongle avec les différentes intrigues à un rythme effréné. Death Race 2000 est un film qui ne s’embarrasse pas de psychologie. Les personnages et les enjeux sont vite expédiés sur un ton ouvertement caricatural, quasiment cartoonesque. Le cynisme sur les dérives possibles de la société occidentale prend ainsi des airs potaches et jubilatoire, le film ne se privant pas de jalonner son parcours de giclées d’hémoglobine et de déballage de nichons.

Si la mémoire collective aura préféré retenir Rollerball, le film de Paul Bartel reflète aussi bien les craintes de son époque sans pour autant en perdre le sens de l’humour. S’il poursuivra dans le genre films de course avec Cannonball, le réalisateur ne retrouvera pas les secrets de cette alchimie improbable qui fait de Death Race 2000 un trip cinématographique comme nul autre.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».