Critique d’Il était une fois un meurtre

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Das Letzte Schweigen

De Baran Bo Odar

Avec Burghart Klaubner, Amon Robert Wendel, Anna Lena Klenke

Allemagne – 2010 – 1h58

Rating: ★★★☆☆

Une chaude journée d’été. Deux hommes silencieux semblent regarder un film. Ces deux hommes décident ensuite de faire une balade en voiture, mais prennent finalement une fillette roulant à bicyclette en filature. Je peux penser que vous devinez la suite, le réalisateur allemand Baran Bo Odar n’en a que faire, il vous montre la suite : un viol tournant au fiasco et un homicide involontaire. Seulement, 23 ans plus tard, à la même date, se produit le même incident. L’inspecteur de l’enquête d’époque vient de prendre sa retraite, un autre essaie d’émerger après le décès de sa femme, tandis que la mère de la défunte fille continue à changer les bouquets de fleur sur la tombe où eût lieu le meurtre.

Voici un thriller psychologique nous venant d’Allemagne, dont le titre fait clairement référence au conte. En effet il y a une idée de conte dans le film, en ce que le conte donne une morale, même si ce n’est pas la morale qui intéresse vraiment le réalisateur. Bien qu’à l’heure actuelle de notre monde dégénéré, on peut être un banquier véreux, un politicien aux propos douteux ou un patron voyou, on sera toujours pardonné, ceux que l’on ne pardonne pas sont les terroristes et les prédateurs sexuels, ce sont les derniers monstres de notre société occidentale. Il y a donc affaire de moral, le principe de conte est  ainsi respecté mais le metteur en scène réfléchit sur la morale par la culpabilité. La culpabilité touche tous les personnages de l’enquête : la mère et le policier n’arrivant à faire le deuil, le policer n’ayant réussi à résoudre l’enquête 23 ans auparavant, les parents de la fille actuellement disparue et surtout le complice qui était témoin de l’homicide il y a 23 ans et qui s’était enfuit. Le réalisateur s’essaie à montrer les différents tourments des protagonistes, en plans rapprochés, tantôt au ralenti tantôt par des panoramiques.


Mais le style de Boran Bo Odar est froid et distant, pour un sujet lourd et très actuel. Des plans en plongée total, aux ralentis parsemant le film ainsi que les plans de nuages se mouvant dans le ciel, il est clair que le metteur en scène fait de la réminiscence du Elephant de Gus Van Sant, réfléchir sur la violence par le prisme du fait divers. Il y a la critique des médias, des moments de solitude où l’on pleure et même un début d’une once de réflexion sur comment devient-on un pédophile ou d’où vient ce genre de pulsions. Mais le langage cinématographique est faible, à la différence du réalisateur américain (Gus Van Sant), que ce soit pour la psychologie ou pour le polar. Le film se révèle trop long, truffé de redites et de répétitions. Néanmoins, on peut mettre en lumière deux séquences de cinéma : la première est lorsque le témoin du meurtre découvre 23 ans plus tard le nouveau meurtre répété, il s’ensuit tout un plan mobile et long de malaise. La seconde est le rêve du policier faisant l’enquête, dans un plan de steadycam (caméra collé au corps), il croît voir la victime et sa femme décédée. Ces deux séquences sont vraiment à part dans le film et la seconde ne s’imbrique d’ailleurs pas vraiment, cette séquence ne relève plus de la morale, juste du cinéma.

Il est donc loin le temps de M le maudit, voici le temps du film moral qui trébuche car il y avait vraiment une intention et un discours, mais on ne le sent seulement par intervalles. Tout le monde est coupable.

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…