Critique de Source Code

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Rating: 3.2/5 (5 votes cast)

 

Source Code

De Duncan Jones

Avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga et Jeffrey Wright

France/Etats-Unis – 2011 – 1h33

Rating: ★★★☆☆

Avec son premier long-métrage Moon, Duncan Jones avait divisé les fans de SF. Géniale pour certains, trop longue pour d’autres, cette histoire de type reclus sur la Lune a imposé le fils de David Bowie comme futur espoir du genre. C’est donc dans le feu de l’action que le réalisateur enquille Source Code, thriller dickien au budget plus conséquent.

Le scénario de Ben Ripley se base sur le personnage de Colter Stevens (interprété par Jack Gyllenhall), un soldat américain enfermé dans un caisson qui découvre que sa mission est de revivre les huit dernières minutes vécues par la victime d’un attentat terroriste. Son but étant bien évidemment de le déjouer et modifier le cours de la réalité. Mais huit minutes c’est court, donc le héros va devoir s’y prendre à plusieurs fois pour avancer dans son enquête.

Entre L’Armée des 12 Singes et Un Jour sans Fin, Source Code démarre sur une bonne base mais, à l’instar de Moon, s’essouffle vite dans son concept à la Code Quantum. A la troisième tentative, on commence à regarder sa montre tant le héros piétine dans son enquête et finit par faire douter qu’il soit l’homme de la situation. On douterait même sur la légitimité de Duncan Jones qui n’arrive ni à dégager le moindre suspense de son dispositif temporel, ni à développer une quelconque empathie pour ses personnages qu’il fait flamber toutes les dix minutes.

Le film finit par rompre sa monotonie en ajoutant une dimension supplémentaire au personnage de Colter, semi-vivant entre deux mondes qui rejoint celui de Johnny Got His Gun, voire même le Joe Chip de Ubik. Pour le héros condamné, le salut passera par un dernier moment romantique avec la jeune femme inconnue qu’il rencontre dans le train devant exploser. Duncan Jones sublime cet ultime instant en le figeant dans l’espace, la caméra volant au milieu des visages heureux dans un élan de béatitude euphorique. Un plan qui aurait pu être celui de la fin mais qui sera suivi d’un happy-end ne laissant planer aucune ambiguïté.

Si Source Code n’est pas foncièrement un mauvais film (on reste à un niveau nettement supérieur à la SF molle du bide de L’Agence), il révèle les réelles capacités de Duncan Jones, élève appliqué mais guère inventif qui n’est pas encore prêt d’égaler Christopher Nolan.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».