Critique de Numéro 4

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I Am Number 4

de D.J Caruso

avec Alex Pettyfer, Dianna Agron, Timothy Olyphant et Teresa Palmer

Etats-Unis – 2011 – 1h50

Rating: ★★☆☆☆

 

 

Les ados ont toujours été une cible de choix pour le cinéma de genre, et l’explosion Twilight n’a pas démenti ce fait, bien au contraire. Numéro 4 surfe donc sur la vague de ces productions gros budgets mettant en scène des ados confrontés à la fois par des prises de têtes terriblement banales (j’ai de l’acné/j’ai pas le droit de faire zizi panpan avant le mariage) et des problèmes extraordinaires (je suis un vampire qui brille au soleil/ je suis un extraterrestre pourchassé). Tel est le subtil mélange que l’on ressasse à la nouvelle génération de pré-pubères, la précédente ayant eu son lot par le biais de la télé avec des séries comme Buffy, Roswell ou Smallville. Il faut dire que D.J Caruso, avant de livrer Taking lives, Two for the Money, Paranoïak et L’Oeil du Mal, s’était fait les dents dans des séries, du Flic de Shangaï à The Shield, rien de très Teenage en somme. Avec un bagage axé Action, on s’étonne de voir le bougre diriger des acteurs interprétant des gosses de 16 ans, alors qu’ils en ont plus de 20…

John, le héros, fait partie d’un groupe de neuf extraterrestres envoyés sur Terre avec leur protecteur respectif pour réchapper à la destruction de sa civilisation sur sa lointaine planète Lorien, par une autre race d’extraterrestres pas très cool, dont certains membres sillonnent notre chère planète pour éradiquer lesdits neufs survivants. Mais John rêve de lycée, d’amourette et de sorties entre potes et tente donc de s’intégrer dans la population d’une petite bourgade de l’Ohio, joliment nommée Paradise.

Avec un tel pitch, difficile de se sentir concerné quand on ne fait pas partie de la tranche d’âge visée. Les problèmes de popularité au lycée, la dragouille après les cours, à partir d’un certain âge, on a tendance à s’en cogner grave le coquillard. Le scénario ne lésine pas sur les clichés éculés dans les séries datées 90’s citées précédemment: le geek persécuté, le quaterback et ses potes un tantinet violents, l’ex cheerleader repentie, etc, un vrai florilège… De ce point de vue là, rien de très neuf. Alors ajoutons à cela des supers pouvoirs et une origine extraterrestre, soit exactement comme le genre de problématiques de Roswell et de Smallville, et on obtient… rien de très neuf non plus! Et c’est là que le bât blesse, car ce qui devrait constituer l’originalité du film apparaît comme déjà vu….

 

 

Reste néanmoins quelques bonnes scènes d’action bien orchestrées (enfin, deux surtout, celles avec Numéro 6, les autres étant trop brouillon pour être comprises, la faute à un manque de fluidité dans la construction et le montage des plans…). Les SFX sont dans l’ensemble corrects, bien que parfois à la lisière du pompage (les méchants ressemblent à un mélange de Voldemort et de Riddick mais avec des branchies et des chicots encore plus pourries, les flingues laser bleus pour les gentils, rouges pour les méchants…) Cependant, le film parvient à tenir son rythme sans s’attarder des plombes sur les scènes mélo (quasiment toutes risibles, cela dit), s’accordant même des incursions dans l’humour, principalement par le biais du pote geek persécuté (aaaah le loser sympathique, un must have dans un teen movie). De quoi réjouir le jeune imberbe, voire, l’adulescent nostalgique.

Réunissant la crème des stars montantes « teens » (Alex Pettyfer, vu dans Alex Rider: Stormbreaker, le James Bond Biactol, prochainement dans Beastly, Jake Abel, aperçu dans Percy Jackson, Teresa Palmer de L’Apprenti Sorcier et Dianna Agron, la Quinn Fabray de Glee), Numéro Quatre joue sur les attentes d’un public bien défini, exploitant des codes bien rodés. Les nostalgiques de la Trilogie du Samedi sur M6 se réjouiront et les moins de 18 s’enthousiasmeront probablement. Pour les autres, les fans de SF et autres ufologues, il y a toujours Cowboys and Aliens à venir, dont l’affiche est presque identique à celle de Numéro 4, à croire que les studios nous prennent vraiment pour des cons.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.