Critique Le Chaperon Rouge

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Rating: 3.0/5 (1 vote cast)

 

Red Riding Hood

de Catherine Hardwicke

avec Amanda Seyfried, Gary Oldman, Lukas Haas

Etats-Unis – 2011 – 1h40

Rating: ★☆☆☆☆

Dans la droite lignée des bandes médiéval fantastique à la Sleepy Hollow, Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke n’est guère sans rappeler le premier long métrage de la réalisatrice, le très léché et naïf Twilight. Bien que le but de l’opération soit de dépoussiérer un vieux conte de fée et de le calibrer afin qu’il puisse plaire aux jeunes filles en fleurs en mal de romance tragique (la génération précédente avait eu droit au Roméo + Juliette de Lurhman), le résultat final est d’un consensuel déconcertant. En dehors d’un minuscule coupage de main, rien de très gore, ce qui reste troublant pour un film qui d’un, se passe au Moyen Age (période hautement violente) et qui, de deux , parle de Loup-Garou (qui n’est pas la bestiole fantastique la plus classe quand elle becte), mais ça n’a rien d’étonnant vu les antécédents de Hardwicke (n’a t-elle pas participé à l’émasculation du motif du vampire ?), la réalisatrice ciblant toujours clairement les ados fleur bleu.

Forte de son esthétique ultra léché, accentuant particulièrement sur le contraste blanc/rouge (ça change du bleu de Twilight), Hardwicke étire sur une heure et demie un récit mal construit et pas très épais, le scenario oscillant en permanence entre références au conte et au genre du médiéval fantastique (sans raison, le village se met à chercher une sorcière…). Jouant sur un suspense mal amené (gros plans sur les yeux des éventuels suspects…) pour mieux servir un twist qui s’avère hyper mollasson et gros comme le loup en question, le film n’hésite pas à se vautrer dans la niaiserie dès qu’il s’agit de mettre en scène le pseudo triangle amoureux central dont tout le monde se fout étant donné que la complexité de la situation n’est pas approfondie ni exploitée comme il se devrait (les soupirants ennemis ne se confrontent jamais vraiment et n’ont pas l’air plus motivé que ça pour se battre pour l’amour de leur belle). Sans réel enjeu dramatique crédible, sans mal écrit et décousu, préférant le manichéisme à la construction de personnage sous prétexte de réadapter un conte, Le Chaperon Rouge ne parvient à relever son défi ni d’un point de vue fantastique (un loup  qui parle…) ni d’un point de vue romantique.

Portée par une Amanda Seyfried plus proche de son inconsistance dans Mamma Mia que de son coup d’éclat dans Jennifer’s Body, un Gary Oldman peu inquiétant en inquisiteur, un Lukas Haas inutile (on ne comprend vraiment pas l’intérêt de son personnage) et deux jeunes beaux mecs (les soupirants Max Irons et Shiloh Fernandez, tellement identiques qu’on a du mal à les différencier), le Chaperon Rouge ne modernise pas le conte, mais l’adapte à un public un poil plus vieux que celui visé par les contes de fées. On lui préfèrera largement le discutable Freeway de Matthew Bright avec une Reese Witherspoon rock n’ roll traquée par un Kiefer Sutherland inquiétant à souhait en prédateur sorti du bois, qui, pour le coup renouvelait vraiment son matériau original.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.