Filmo-Express: Wes Craven

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Peu de réalisateurs d’horreur sont parvenus à obtenir une notoriété publique comme celle de Wes Craven. Bien qu’inégale, sa filmographie traverse les sous genres et les époques, Craven ayant réussi à alterner tops et flops au box office (bien que paradoxalement, certains échecs sont meilleurs que ses succès). Retour sur cette carrière en dents de scie.

La Dernière maison sur la gauche (1972)

Rating: ★★★★☆

Deux jeunes filles se font kidnapper par une bande de toxicos pervers en cavale. Après les viols et les meurtres de celles-ci, les criminels se réfugient sans le savoir chez les parents d’une des victimes. De l’usage de la tronçonneuse à l’émasculation à coup de dents, tous les moyens seront bons pour asséner leur courroux vengeur. Dans la brèche ouverte par La Nuit des Morts-Vivant de Romero, Wes Craven réalise un premier film d’exploitation inspiré vite fait de La Source d’Ingmar Bergman, avec des acteurs dont la plupart viennent du porno. C’est cheap mais c’est culte.

La Colline a des yeux (1977)

Rating: ★★★☆☆

Une famille de touristes, perdus en plein milieu du désert, se fait sauvagement attaquer par une bande de cannibales dégénérés. Dans les sillages des survivals rednecks comme Délivrance ou Massacre à la tronçonneuse, le réalisateur persévère dans le massacre familial avec cette bande d’exploitation, assez violente pour l’époque. Si l’original se fera dépassé par la copie avec le remake d’Alexandre Aja en 2006, La Colline a des yeux est devenu depuis un classique à la lisière du Z, assez représentatif du style Craven fauché mais hargneux.

La Ferme de la terreur

(Deadly Blessing) (1981)

Rating: ★★☆☆☆

Les familles continuent de se mettre sur la gueule. Entre fermiers modernes et mormons à l’ancienne, la guerre est déclarée. Pendant ce temps, un tueur invisible massacre les gens du coin un à un. Halloween + La Petite maison dans la prairie = La Ferme de la terreur. Craven affirme son iconographie horrifique: les cauchemars, les araignées, les serpents, le meurtrier en série inconnu. Un lointain parfum d’American Gothic pour un film qui se mate comme un bon téléfilm.

La Créature du marais

(Swamp Thing) (1982)

Rating: ★☆☆☆☆

A la base, un héros horrifique d’une série de DC Comics. Au final, un film de super-héros dark et complètement fauché. Rien ne fonctionne. En particulier les scènes d’action et les effets spéciaux sur lesquels repose le film. Restent de nombreux effets comiques, volontaires ou non, qui rapprochent dangereusement Wes Craven d’Ed Wood.

Les Griffes de la nuit

(A Nightmare on Elm Street) (1984)

Rating: ★★★☆☆

Un croquemitaine calciné et doté de griffes acérées pénètre dans les rêves des ados pour les déchiqueter. Craven trouve le bon filon et impose le personnage de Freddy Krueger dans l’imaginaire horrifique, renouvelant le genre slasher par un fantastique plus spectaculaire que Vendredi 13 ou Halloween. Recyclant de nombreux éléments qui étaient déjà présents dans La Ferme de la terreur, le réalisateur trouve ici matière à s’attarder sur les scènes de cauchemar. Couronné par un succès peut être disproportionné par rapport à la qualité du produit fini, Les Griffes de la nuit catapulte son créateur parmi les grands noms du cinéma de genre des années 80.

La Colline a des yeux 2 (1985)

Rating: ★☆☆☆☆

Après avoir trouvé une franchise en or avec Freddy Krueger, Craven tente de capitaliser sur La Colline a des yeux. Cette suite confronte des pilotes de motocross un peu cons aux survivants de la famille de cannibales. De longs extraits du premier volet sont insérés puisque le film abonde en flash-back pas toujours justifiés (comme celui du chien). Après l’histoire reste basique et sans surprise (les gens meurent un par un). Aucun intérêt.

L’Amie mortelle (1986)

Rating: ★★★☆☆

Un adolescent passionné de robotique ressuscite sa copine en lui implantant un microprocesseur dans le cerveau. Mais la revenante part dézinguer tous les crétins du quartier. Une relecture assez fun de Frankenstein, proche de l’ambiance des histoires de Chris Colombus. Mais en plus gore.

L’Emprise des ténèbres

(The Serpent and the Rainbow) (1988)

Rating: ★★★★☆

Un aventurier spécialisé dans la recherche de drogues ancestrales part en Haïti pour percer le secret de la zombification vaudou. Craven devient sérieux et retranscrit la dictature de Duvalier dans une ambiance de paranoïa et d’hallucinations permanentes. L’imaginaire de la culture vaudou lui permet également de signer ses meilleures images cauchemardesques et de relever le niveau de sa filmographie.

Shocker (1989)

Rating: ★★★★☆

Wes Craven développe une nouvelle figure horrifique: Horace Pinker, un condamné à la chaise électrique qui revient d’entre les morts en circulant dans l’électricité. Pinker est un fou furieux chargé à bloc à faire pâlir Freddy Krueger. Craven remplace les rêves par des chaînes de télévision dans la poursuite finale et le tour est joué. Un film assez barré, plus réussi que Les Griffes de la nuit, qui aurait pu être une franchise clé en main s’il ne s’était pas ramassé au box-office .

Le Sous-sol de la peur

(The People under the stairs) (1991)

Rating: ★★★★☆

Un film presque burtonien. Une sorte de Maman, j’ai raté l’avion sanglant où un enfant des ghettos noirs se retrouve prisonnier dans une maison tenue par des cinglés. Cartoonesque et sombre, Le Sous-sol de la peur est empreint d’un second degré efficace pour faire passer son coup de gueule sur les loyers trop chers. Craven atteint son apogée en terme de qualité.

Freddy sort de la nuit

(Wes Craven’s New Nightmare) (1994)

Rating: ★☆☆☆☆

Freddy fête ses dix ans et Wes Craven rempile donc pour tenir les rênes du 7ème volet. Usant de la mise en abyme, il se met lui-même en scène en train de concevoir le film que l’on est en train de voir. Heather Lagenkamp joue son propre rôle face à Freddy qui fait irruption dans le monde réel et décime l’équipe de tournage. Les effets spéciaux numériques balbutiants et le scénario tordu ne font pas oublier que le film reste chiant.

Un Vampire à Brooklyn (1995)

Rating: ★★☆☆☆

Un film de vampire écrit et produit par et pour Eddy Murphy. Comprendre que Wes Craven ne fait que cachetonner. Il dispose cependant de moyens sérieux pour mettre en image le délire de l’ex-acteur vedette. En résulte un film sympathique mais trop disparate pour faire rire ou peur.

Scream (1996)

Rating: ★★★★☆

Wes Craven dégotte Kevin Williamson, le futur scénariste de la série Dawson. Ensemble, ils conçoivent Scream, un tour de force du slasher movie qui prend le parti de tourner en dérision le genre auquel il appartient. La tension est parfaitement maintenue, usant des règles du twist avec intelligence quitte à rendre les révélations finales plus poussives. Un succès mérité mais qui aura une influence néfaste sur le cinéma d’horreur de la fin des années 90.

Scream 2 (1997)

Rating: ★☆☆☆☆

Appelés par l’appel du gain, Craven et Williamson embraye la suite tout en poursuivant le débat cinématographique entamé dans le premier volet. La question est maintenant de savoir quel deuxième épisode est meilleur que le premier. Certainement pas Scream 2.

La Musique de mon cœur (1999)

Rating: ★☆☆☆☆

On ne comprend pas trop ce qu’espérait Wes Craven avec ce drame larmoyant porté par Meryl Streep. Ce qui est sûr, c’est que trop de violon tue le violon.

Scream 3 (2000)

Rating: ★☆☆☆☆

Ca commence à faire beaucoup de photos de Scream sur cette page.

Cursed (2005)

Rating: ★★★☆☆

Huit ans après Scream 2, Wes Craven retrouve Kevin Williamson avec ce film de loups-garous qui a coûté une blinde en effets spéciaux par rapport à ce qu’il a rapporté. Même si le film est passé à la trappe depuis, le résultat reste sympathique, notamment par la prestation de Jesse Eisenberg.

Red Eye – Sous haute pression (2005)

Rating: ★★★★☆

Une comédie romantique qui bascule soudainement dans le thriller hitchcockien. Appuyé par la maîtrise de Cillian Murphy qui compose un méchant réussi, Red Eye est une heureuse surprise où Wes Craven manie le suspense avec une dextérité à laquelle il ne nous avait pas trop habitué.

My Soul to take (2010)

Rating: ★★☆☆☆

Il aurait pu continuer dans la veine du précédent mais non. Wes Craven revient au slasher movie basique dans cette histoire de schizophrénie, de voix dans la tête et de possessions démoniaques. L’idée de base est sympa mais ça reste franchement moyen. Ca sera le mot de la fin.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».