Critique de Dream Home

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Rating: 4.0/5 (4 votes cast)

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Wai dor lei ah yut ho

De Pang Ho-Cheung

Avec Josie Ho, Eason Chan et Derek Tsang

Hong-Kong – 2010 – 1h36

Rating: ★★★★★


Quand Pang Ho-Cheung décide de faire un film d’horreur, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Plutôt axé comédie dramatique, le réalisateur hongkongais s’attaque au film de slasher. Et pas de la gnognotte familiale à la Scream car on est ici plus près du shocker à la Maniac de William Lustig. Autant dire que Dream Home s’annonce sanguinolent, à l’instar de cette séquence d’ouverture où la première victime, essayant de se libérer du garrot qui l’étrangle, se tranche la jugulaire avec un cutter.

Cheng est une Cosette des temps modernes qui cumule les emplois aussi ingrats que sous-payés pour s’offrir l’appartement de ses rêves. Mais alors que notre héroïne est à deux doigts de concrétiser, la crise immobilière fait tout tomber à l’eau. Après avoir frappé sans succès à la porte de toutes les banques, Cheng trouve une ultime solution: faire dévaluer le prix de l’appartement en provoquant une série de meurtres dans l’immeuble.



Pang Ho-Cheung choisit de minuter chaque étape meurtrière de l’odyssée sanglante de Cheng tout en entrecoupant son film d’horreur de flashbacks éclairant davantage sur les motivations de son héroïne et donnant de la respiration au fur et à mesure du massacre. Ce dernier est orchestré d’une main de maître. Les mises à mort (il y en a une dizaine) sont parmi les plus inventives que l’on ait vues depuis des lustres, alternant gags (le fumeur de joint avec les tripes à l’air), idées de génie (les coups de poignards à travers les lattes du sommier) ou horreur absolue (la femme enceinte). Dream Home enlève toute empathie aux victimes en les présentant sous leurs plus gros défauts (infidèles et machistes pour les hommes, lascives et soumises pour les femmes). Pourtant, s’il essaie de donner un visage sympathique à Cheng, la présentant comme une victime d’un monde financier qui a perdu les pédales, il n’élude pas sa propre culpabilité, la lente déshumanisation opérée dans son esprit dont le point culminant (et décisif) sera le flashback sur la mort de son père et qui justifie toute la détermination et le sadisme dont elle fait preuve durant son pénible carnage.

En partant de la crise immobilière, Dream Home se dresse comme un film pré-apocalyptique radical à la morale corrosive. Ajoutez à cela une maîtrise technique parfaite et vous obtenez le meilleur film gore de l’année. Dommage qu’il soit privé de sortie en salle.

The Vug

 



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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».