Critique de Devil

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

 

Devil

De John Erick Dowdle

Avec Chris Messina, Logan Marshall-Green, Jenny O’Hara

Etats-Unis – 2010 – 1h20

Rating: ★★☆☆☆

C’est l’histoire de cinq personnes dans un ascenseur. Un gardien de sécurité intérimaire pour la classe prolétaire, un jeune cadre dynamique pour la classe moyenne voire la classe bourgeoise, un vétéran de la guerre d’Afghanistan pour les va-t-en-guerre et les pacifistes, une jeune fille bon chic bon genre pour le désir, enfin une dame âgée pour les vieux. Bref, cinq stéréotypes ambulants, bloqués dans un ascenseur d’un immeuble où une personne s’est suicidée, un rosaire à la main (objet de culte catholique composé de grains pour prier), dont le policier menant l’enquête est un ancien alcoolique qui a perdu sa femme et son enfant dans un accident de voiture, le coupable ayant fait un délit de fuite.

Devil nous propose un huis-clos, où il nous faut deviner qui est le diable, à l’intérieur de l’ascenseur bloqué où il se passe des choses bizarres. Mais le dispositif se veut plus complexe, du moins, fait croire à plus de complexité, les cinq protagonistes sont observés depuis le centre de contrôle de surveillance. Des personnes à la fois spectateurs, acteurs et témoins réfléchissent sur les évènements de la cabine bloquée. C’est original mais juste original. Certes cette impression de voir les choses, des choses dures sans les contrôler pour les personnes extérieures à la cabine d’ascenseur, permettraient d’épaissir le récit et la tension mais on assiste à de la maladresse et de la grossièreté : le surveillant catholique se mettant à prier, la première mort n’étonnant pas tant que ça les personnages enfermés et le twist final…

De la religiosité facile, aux ficelles scénaristiques tout aussi faciles, le réalisateur s’assure une autre facilité, son procédé fantastique. En effet, l’effet d’épouvante et d’effroi passe par l’intermittence de lumière dans la salle close, voire le cadre noir absolu pour tout le monde (spectateurs dans la salle et personnages du film) une dizaine de secondes avant le retour de la lumière. Pourtant, je croyais que le diable s’appelait Lucifer, dont l’étymologie est lux in fer « celui qui apporte la lumière »… Il n’y a par conséquent ni atmosphère, ni ambiance (pour ma part j’ai entendu plus de rires dans la salle que de mouvements de sursaut), seulement des essais aléatoires d’approfondir les personnages, notamment quand il n’en reste que trois dans l’ascenseur. L’histoire est écrite par M. Night Shyamalan, d’ailleurs producteur du film, qui prouve son lent effritement du peu de notoriété qu’il avait eu au début des années 2000. Oui, faire un bon twist et parler de religion ne fait pas forcément un bon film, ah! ces rejetons de Steven Spielberg…

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…