Critique de Terreur (Dread)

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.6/5 (5 votes cast)

 

Dread

D’Anthony DiBlasi

Avec Jackson Rathbone, Shaun Evans, Hanne Steen et Laura Donnely

Etats-Unis/Royaume-Uni – 2009 – 1h30

Rating: ★★★★☆

Voici enfin la sortie DTV de Terreur, troisième adaptation d’une nouvelle issue des recueils Livres de Sang de Clive Barker produite par Midnight Picture Show, la boite menée par l’auteur britannique lui-même, présentée il y a bientôt deux ans à l’Etrange Festival. Et même si la maison de production semble depuis en mode silence radio, on ne peut que se réjouir de cette nouvelle livraison qui confirme tous les espoirs suscités par les précédentes.

Rare histoire de Clive Barker qui n’œuvre pas dans le fantastique pur et dur, Terreur relève d’un genre horreur bien plus dur que Midnight Meat Train et Book Of Blood. Nous suivons les travaux de Stephen Grace, un étudiant à l’attitude no life (interprété par Jackson Rathbone dans un monde aux antipodes de Twilight), qui, sous l’emprise d’un ténébreux Quaid (Shaun Evans), recueille pour sa thèse les témoignages intimes de personnes souffrant de phobies afin d’en étudier la nature, souvent liée à un violent traumatisme. Mais l’entreprise va basculer dans l’horreur quand Quaid, lui-même choqué dans son enfance par le massacre à la hache de ses parents perpétré par un maniaque, décide de confronter les sujets face à leurs peurs les plus enfouies, quitte à dépasser les limites du tolérable afin « d’affronter la bête » comme il dit lui-même. Mais la bête gagne souvent et Quaid bascule dans le sadisme au fil de la série de crises de démence qu’il va provoquer.

 

 

Présenté comme ça, Terreur ressemblerait à une version torture porn de l’émission Fear Factor (les années 2000 furent sûrement les plus propices à l’exploitation du monde de Clive Barker) mais le film joue bien plus la carte de l’horreur psychologique que du gore bête et frontal, néanmoins présent. Par exemple, à travers le personnage d’Abby, jeune fille recouverte d’une tâche de vin sur la moitié du corps que Quaid va devoir séduire dans sa quête de destruction psychique, le film se rapproche de l’esprit d’une horreur à la David Cronenberg contrebalancé par des scènes chocs (le massacre des parents, les mutilations fantasmés sur le corps nue d’une femme), voire au-delà du supportable (le dilemme d’une végétarienne affamée face à un morceau de viande en décomposition).

Par une mise en place progressive mais réaliste de l’indicible, appuyé en grande partie par un casting convaincant (pour la plupart issu de la télé), Terreur réussit son pari de transposer l’univers malsain de Clive Barker sans faire l’impasse sur des éléments qui y sont omniprésents comme la sexualité ou l’horreur extrême. Et si le créateur d’Hellraiser est encore loin d’avoir son Shining ou son Dead Zone, il obtient ici ce qui a été fait de plus convaincant à partir d’une de ses œuvres.

 

The Vug

Acheter le DVD sur Amazon:


Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».