Critique de Paul

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Paul

de Greg Mottola

avec Simon Pegg, Nick Frost, Seth Rogen, Jason Bateman, Sigourney Weaver et Kristen Wiig

France/Etats-Unis/Royaume Uni – 2010 – 1H42

 

Rating: ★★★★☆

Graeme et Clive sont deux anglais partis vivre leurs vacances de rêve aux USA: aller au Comic Con et traverser le pays en camping car à la recherche des endroits mythiques en matière d’ufologie. Durant leur voyage, ils rencontrent Paul, un extraterrestre errant sur Terre depuis son crash en 1947, ayant un super agent du FBI à ses trousses.

 

L’entrée dans le monde du cinéma des potes de la série télé Spaced, Edgar Wright (à la réal et au scenario), Simon Pegg (également au scenario) et Nick Frost, s’effectua en force avec Shaun of the Dead en 2004, avant de récidiver en 2007 avec Hot Fuzz, faisant de leur geek attitude une signature. Depuis, Ed Wright s’est affranchi de ses buddies et a poussé le concept à son paroxysme avec Scott Pilgrim, film-étendart de cette génération élévée à la console 8 à 16 bits et dopée au cinéma de genres, et on venait à se demander si c’était la fin de l’aventure commune…

 

Mais c’était sans compter sur un vieux projet, datant de l’époque de Shaun. Né d’un délire entre Pegg et Frost, le scénario de Paul s’écrit entre leurs tournages respectifs et se réécrit après que les joyeux drilles aient réellement parcouru le désert américain en camping car. A défaut de Wright, ils font appel à Greg Mottola, réal de Supergrave pour se glisser derrière la caméra, qui suggère Seth Rogen pour interpréter le troisième larron, l’alien en motion capture, Paul. L’acteur donne corps au personnage, lui prête sa gestuelle et affine sa personnalité, au point que le scénario en est retouché.

Le cocktail, savamment dosé, fonctionne. Sans égaler les premières collaborations des deux acteurs, Paul demeure extrêmement efficace. Les gags fusent, les références aussi. Là où Shaun et Hot Fuzz jouaient sur les grands préceptes du genre, Paul empreinte sa structure au road movie et au films de cavales en multipliant les clins d’oeil aux grands classiques de films d’alien. De Star Wars à Star Trek, de E.T à Rencontre du troisième type, en passant par Prédator ou Alien, c’est toute l’histoire du genre qui est balayée au gré des vannes, puisant dans la culture commune des générations ayant grandi devant ce type de métrages, le tout appuyé par l’hilarant trio. Car l’une des forces du film reste la parfaite intégration et la réelle profondeur du personnage de Paul. Cool, un brin vulgos mais très altruiste, l’extra-terrestre se révèle être aux antipodes des deux anglais, incarnant des geeks un peu naïfs, pas très futés mais fiers de l’être, et férus d’ufologie. Frost y acquière enfin un rôle plus conséquent que celui de l’éternel pote-boulet.

 

Se succèdent également pléthore de guests connues du public comme Jane Lynch, l’éxécrable Sue Sylvester de Glee, Jeffrey Tambor, vu dans les deux Hellboy, Bill Hader, le coéquipier de Rogen dans Supergrave, Kristen Wiig, propulsée par le Saturday Night Live et habituée des comédies potaches (elle apparaît dans Adventureland de Mottola) ou encore John Carroll Lynch, le glaçant Arthur Leigh Allen de Zodiac.

 

Créant toujours cette complicité avec le spectateur avec qui ils partagent ce goût pour le genre, le duo parvient encore une fois à faire beaucoup rire, appuyé par un scenar sacrément bien foutu et parsemé de références connues de tous, tout en faisant preuve d’une réelle originalité dans le traitement de son sujet. Jamais moqueurs et toujours pleins d’admiration pour les films cités, Pegg et Frost prouvent à nouveau que la parodie peut être révérencieuse.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.