Critique de Never Let Me Go

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Never Let Me Go

 

De Mark Romanek

Avec Carey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley et Charlotte Rampling

Royaume-Uni/Etats-Unis – 2010 – 1h43

Rating: ★★★☆☆

Talentueux réalisateur de clips, notamment pour Nine Inch Nails, Johnny Cash et Michael Jackson, Mark Romanek a longtemps mis de côté une filmographie cinématographique pourtant inaugurée en 1985. Pour son troisième long-métrage, il s’attaque au best-seller de Kazuo Ishiguro, Auprès de moi toujours, considéré par Time Magazine comme l’un des 100 meilleurs romans anglais publiés depuis 1923. L’auteur britannique d’origine japonaise, qui avait déjà été célébré par le même journal à la fin des années 80 avec son roman Les Vestiges du Jour (dont James Ivory tira l’un de ses plus beaux films), s’est d’ailleurs associé à la production pour l’adaptation de sa déchirante uchronie dystopique.

L’histoire imagine une seconde moitié du XXe Siècle où l’espérance de vie aurait fait un bond considérable grâce à l’utilisation médicale de clones humains sur lesquels on prélève tous les organes vitaux nécessaires à la survie de patients incurables. Elevés et maintenus à l’écart de la société, ces jeunes filles et garçons sont destinés (et résignés) à vivre une existence aussi oisive que brève. Nous allons ainsi suivre trois d’entre eux, Ruth, Kathy et Tommy, de l’enfance jusqu’à leur terminaison, puisque même le terme de mort leur est autant refusé que le statut d’êtres humains. En présentant un monde parallèle où la médecine aurait refusé toute déontologie au nom de l’intérêt général, Never Let Me Go repose donc sur un postulat de science-fiction pur jus.

Pourtant, le traitement est aux antipodes de ceux à quoi l’on pourrait s’attendre, préférant davantage s’appesantir sur le ressentie des personnages que sur le fonctionnement d’une société qui a perdu les pédales. Ici, pas de folles courses poursuites ou de scènes de tension à couper au scalpel mais plutôt un triangle amoureux sur fond de tragédie: Kathy aime Tommy qui l’aime aussi mais qui préfère aller dans les bras de Ruth qui se demande si elle n’a pas gâché la (courte) vie de Kathy et Tommy (on dirait la parodie des Inconnus sur le cinéma français). Une romance aux allures de mélo intimiste à l’exacte opposée d’un film comme The Island de Michael Bay. Pour peu que l’on accepte de rentrer dedans, Never Let Me Go fonctionne plutôt bien, notamment par l’interprétation sans faille du trio Mulligan-Garfield-Knightley, sans qui l’ensemble aurait facilement vacillé dans le ridicule, et la mise en place économe des informations pour décrire la froideur du monde ici décrit.

Il n’est cependant pas certain que Never Let Me Go trouve son public en salles et ce n’est pas sa bande-annonce d’actrices à franges qui va l’aider. Trop SF pour attirer les fans de mélo, trop mélo pour amadouer les fans de SF, le film de Romanek est un objet hybride qui, s’il nous émeut par son apologie de l’amour et de la vie, souffre d’une légère platitude le faisant passer de peu à côté du chef-d’œuvre.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».