Manipulation du Vivant en 10 films

 

 

Thème remontant aux origines mêmes de la SF, la manipulation du vivant traduit la crainte de voir l’humain se transformer en monstruosité, quand ce n’est pas toute une société entière qui bascule dans la folie. Mutants incontrôlables, surhommes, clonage, immortalité… Les possibilités deviennent infinies surtout lorsque la science découvre une drôle de molécule à double hélice appelée ADN, présente dans les chromosomes de chacune de nos cellules, sur laquelle est inscrite notre patrimoine génétique. Les avancées sont telles que la science devra se fixer des limites déontologiques. Heureusement, les auteurs de SF seront là pour la franchir afin d’imaginer les pires cauchemars scientifiques, car même le meilleur des mondes peut se bâtir sur l’horreur. Voici une liste de 10 films, du meilleur comme du pire, qui abordent le sujet.

 

L’Ile du Docteur Moreau de John Frankenheimer (1996)

Commençons par la base avec le classique de H.G. Wells maintes fois adaptés au cinéma dont cette version avec un Marlon Brando qui compose un Dr. Moreau à faire mal aux dents de ses plus grands fans. Ici, pas de manipulations génétiques mais de bonnes vivisections à l’ancienne pour peupler l’île en question de monstres mi-humains mi-bêtes sauvages. Le film fût proprement démonté par la critique à sa sortie et ce n’est certainement que justice.

 

La Mouche de David Cronenberg (1986)

Un scientifique fusionne avec une mouche lors d’un téléportation malheureuse. Sa mutation sera longue et douloureuse. D’une nouvelle de George Langelaan adaptée une première fois dans les années 50 avec Vincent Price, David Cronenberg réalise le mélo la plus gore de tous les temps en superposant l’éprouvante transformation du héros à la décomposition de sa relation amoureuse. Conclusion de l’expérience: c’est la chair qui commande l’esprit.

 

Charly de Ralph Nelson (1968)

Une opération transforme Charly, un retardé mental, en génie intellectuel. Mais le traitement pour le maintenir en état est encore expérimental et le pauvre Charly va perdre progressivement ses capacités, à l’image de la souris de laboratoire qui servait de cobaye. L’histoire à chiale de la SF, c’est Des Fleurs Pour Algernon, le roman de Daniel Keyes, adapté ici à la mode sixities par le futur réalisateur du violent Soldat Bleu.

 

 

Blade Runner de Ridley Scott (1982)

Le monde de demain est capable de créer ses propres esclaves, les Réplicants, êtres artificiels faits de chair et de sang, aux capacités surhumaines, destinés aux basses besognes de la colonisation de l’espace. D’un roman mineur de Philip K. Dick, Ridley Scott accouche d’un des films les plus impressionnants de la science-fiction, un questionnement sur la nature et la place de l’être humain dans une société qui tombe en morceaux. Intouchable.

 

 

Ces Garçons Qui Venaient Du Brésil de Franklin J. Schaffner (1978)

Un docteur nazi a semé des clones d’Adolf Hitler à travers le monde. Son but: faire une copie du führer identique à l’esprit de l’original afin d’instaurer le Quatrième Reich. L’écrivain Ira Levin (Rosemary’s Baby) poursuit ses réflexions sur le thème de l’avènement de l’Antéchrist en se basant sur les réelles possibilités offertes par l’avancée de la génétique. Franklin J. Schaffner (La Planète des Singes) en tire un thriller passionnant et glaçant.

 

Jurassic Park de Steven Spielberg (1993)

Clonage quand tu nous tiens! Un milliardaire irresponsable a ressuscité les dinosaures dans l’optique de créer un super parc d’attraction. Mais un sabotage perpétré par une entreprise concurrente fait basculer le projet dans l’épreuve de survie au milieu des tyrannosaures et autres vélociraptors. Quand l’écrivain superstar Michael Crichton est en panne d’inspiration, il imagine un parc à la Mondwest est remplacé les robots disjonctés par des gros reptiles.

 

La Mutante de Roger Donaldson (1995)

Un échantillon d’ADN venu de l’espace va servir d’expérience à des scientifiques qui vont créer une beauté hybride semi-extraterrestre. Cette dernière s’enfuit dans une quête sanglante, à la recherche de l’individu mâle le plus à même de s’accoupler avec elle. Voilà enfin une histoire sur le thème de la manipulation du vivant qui n’oublie pas nos amis les spermatozoïdes (et on sait qu’ils sont nombreux à nous lire). Un navet sexy.

 

Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997)

Dans une société futuriste où les parents peuvent choisir les gènes de leurs enfants, la compétition est rude pour entrer parmi les élites de la colonisation du système solaire, surtout pour ceux qui sont nés de manière plus classique. Scénariste de Truman Show, Andrew Niccol continue de s’inspirer de l’ambiance des romans de SF des années 50 pour appréhender les craintes du XXIème Siècle, ici le fichage génétique à des fins sélectives.

 

 

The Island de Michael Bay (2005)

Les millionnaires peuvent se payer leur propre clone, élevé à l’écart de la société, en vue de prélever leurs organes en cas de problème de santé. C’est Never Let Me Go avant l’heure mais avec plus de cascades, d’effets spéciaux et de héros qui se rebellent pour tout faire péter. Michael Bay se paye son Minority Report en pillant allègrement dans un demi-siècle d’imaginaire SF à grands coups de scènes d’action impressionnantes.

 

 

Splice de Vincenzo Natali (2010)

Un couple de scientifiques joue les apprentis-sorciers en créant des créatures hybrides qui combinent les ADN de différentes espèces, humains compris. Ils vont mettre au monde une mutante qui va vite développer son complexe d’Œdipe. C’est bien fait pour leurs gueules! Le réalisateur de Cube refait L’Ile du Docteur Moreau avec un esthétisme à la David Cronenberg, soit les deux premières entrées de notre liste de films. Aurait-on fait le tour de la question ?

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».