Critique de L’Agence

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 2.5/5 (4 votes cast)

 

The Adjustment Bureau

De George Nolfi

Avec Matt Damon, Emily Blunt, Michael Kelly et Terence Stamp

Etats-Unis – 2011- 1h47

Rating: ★★☆☆☆

Si Philip K. Dick avait pu vivre vingt ou trente années de plus, il aurait certainement joué au golf avec Stephen King et Michael Crichton, un gros cigare aux lèvres, avant de se saouler au champagne dans une luxueuse villa de San Francisco. Manque de chance, il décèdera à 54 ans avec un maigre compte en banque, peu avant la sortie de Blade Runner. Aujourd’hui, on en est à la dixième adaptation cinématographique d’une de ses œuvres. Ses héritiers peuvent donc se frotter les mains tandis que lui doit maudire l’humanité toute entière en compagnie de Vincent Van Gogh depuis un univers parallèle car, comme chacun sait, il est toujours vivant et c’est nous qui sommes morts (ou l’inverse, je sais plus).

En attendant l’adaptation de son chef-d’œuvre Ubik, annoncée récemment par Michel Gondry, voici donc L’Agence, première réalisation de George Nolfi, auparavant scénariste de films comme Ocean’s Twelve ou La Vengeance Dans La Peau, œuvres mineures dans la filmographie de Matt Damon que l’on retrouve ici en tête d’affiche. Il y interprète le rôle d’un jeune politicien briguant un poste de sénateur qui découvre que le monde est secrètement régi par une étrange organisation tirant les ficelles de ce que l’on croit être le Destin. De qui s’agit-il ? Des Illuminatis ? Du groupe Bilderberg ? Une Loge de la Franc-maçonnerie ? Non, non. Juste des types en chapeau qui œuvrent dans l’ombre en déposant une peau de banane ici, une crotte de chien là, afin de vous faire dévier de votre trajet habituel. Ce que l’on prendrait pour un malencontreux hasard n’est qu’en fait une manœuvre parmi d’autres afin de vous faire obéir à un plan qui a été écrit à l’avance par une entité supérieure. Et pas question d’y déroger. En voilà un chouette postulat de départ pour un scénario.

 

 

On s’attend donc à un truc énorme, un thriller sur fond de complot de grande envergure où le monde entier risque de sombrer dans le précipice. Que nenni! Matt Damon court après la mystérieuse inconnue dont il est tombé amoureux, puisque c’est la femme de sa vie, et ça plait pas du tout aux types à chapeau car sinon (SPOILERS) il ne sera pas Président des Etats-Unis et elle la danseuse méga-star de ses rêves. Pas de Rolex à cinquante ans, une vie de merde en somme. Bref, des enjeux terrifiants à clouer le spectateur sur son siège se terminant dans un final semblant sorti tout droit du clip Owner of a Lonely Heart de Yes (Celui où y’a un type qui est poursuivi dans un immeuble chelou et qui finit sur le toit cerné par des mecs en cravates ? Vous voyez pas ? Vous devez être trop jeunes…. ou moi trop vieux).

Comme une comédie romantique qui aurait été écrite par M. Night Shyamalan, L’Agence pêche par un sérieux manque de dilemme et des trous scénaristiques en pagaille. C’est vraiment dommage car les acteurs sont excellents et le rythme de l’histoire reste pourtant soutenu. Brodant sur une intrigue amoureuse qui n’existe pas dans la nouvelle originale (de toute façon, les bonnes femmes chez Philip K. Dick ne sont bonnes qu’à casser les burnes du héros), le film de Nolfi rejoint Paycheck et Next dans la catégorie Canada Dry des fades et inutiles films SF vaguement inspirés du monde parano de l’auteur du Dieu Venu du Centaure. D’ailleurs, c’est quand qu’ils se décideront à enfin l’adapter celui là ?

 

The Vug

Acheter le DVD sur Amazon:


Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».