Critique de Tron l’Héritage

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Tron Legacy

De Joseph Kosinski

Avec Jeff Bridges, Garrett Hedlund, Olivia Wilde et Bruce Boxleitner

Etats-Unis – 2010 – 2h06

Rating: ★★☆☆☆

Le cinéma SF à grand spectacle est devenu une compétition de saut à la perche dont le champion en titre reste James Cameron depuis sa performance Avatar. Premiers challengers à relever le défi, les studios Disney passent à l’offensive en reliftant l’un de leurs produits cultes, Tron, film précurseur des eighties qui usait des images de synthèses à outrance. Attendu comme le messie grâce à un buzz savamment entretenu durant toute l’année 2010, Tron Legacy arrive enfin sur nos écrans en 3D avec Daft Punk à la BO.

L’histoire narre les aventures de Sam Flynn, fils de Kevin Flynn (héros du premier Tron, l’éternel Jeff Bridges), parti à la recherche de son père dans le dangereux monde virtuel que ce dernier a créé il y a une trentaine d’années. Le jeune homme devra contrecarrer les plans du diabolique CLU, programme à l’image de Kevin, qui cherche à envahir notre monde pour s’émanciper du contrôle des humains. Quant au personnage de Tron, il est encore plus anecdotique que dans le premier volet puisqu’il relégué au rang de sbire de CLU et qu’on le calcule cinq minutes avant la fin, ce qui est étonnant pour une saga qui porte son nom. C’est comme si George Lucas avait rebaptisé Star Wars par Les Aventures de Chewbacca. Enfin bref, tout cela pour dire que Tron Legacy est davantage un film de CLU et qu’on pourra toujours s’asseoir sur Tron (voilà, ça, c’est fait….)

Bon alors ça vaut quoi Tron Legacy ? Disons déjà pour commencer que le premier Tron était déjà pas top, un film très beau mais surtout très chiant. Visuellement, la nouvelle livraison tient ses promesses de film à grand spectacle. Pas à cause de la 3D qui est ici une nouvelle fois anecdotique (la chose la plus impressionnante que l’on ait vu en 3D au cinéma depuis Avatar reste la publicité pour Oasis) mais plutôt pour ses effets spéciaux réussis et ses nombreuses scènes d’action, dont les protocolaires combats de disques et courses de moto, expédiés dans le premier tiers du film. En revanche, en ce qui concerne l’émotion, il faudra passer son chemin car Tron Legacy manque sérieusement d’âme (relation père/fils zéro) et de tension dramatique. Restent Jeff Bridges, croisement parfait entre Obiwan Kenobi et un Big Lebowski qui aurait troqué ses oinj’ contre du lait de soja, et Olivia Wilde, meilleur sosie du major Motoko Kusanagi de Ghost in the Shell depuis Avalon. Sans compter d’autres citations de classiques SF en pagaille dont une scène de repas sortie tout droit de 2001, l’Odyssée de l’Espace.

S’il n’est pas totalement raté, Tron Legacy souffre de son statut de produit culturel labellisé Disney et calibré pour les masses. On aurait aimé plus de folie, plus d’émotion et surtout un scénario plus consistant. James Cameron peut donc dormir tranquille car Tron Legacy ne supplante ni Avatar, ni même Matrix. Le seul film ici surpassé reste le premier Tron et c’est déjà mieux que rien.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».