Critique de The Dead Outside

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Rating: 1.8/5 (4 votes cast)

 

The Dead Outside

de Kerry Ann Mullaney
avec Sandra Louise Douglas, Alton Milne et Sharon Osdin
Royaume-Uni – 2008 – 1h26

Rating: ★★★☆☆

Réussir à faire un film avec un micro budget n’est jamais chose facile. A ce titre, The Dead Outside ne fait pas exception. Le cinéma de genre permet souvent à un film fauché de se sortir de cette impasse financière. Pour ce premier film, présenté dans le cadre des Inédits Vidéos au festival de Gérardmer de cette année, Kerry Ann Mullaney joue sur un registre souvent abordé dans ce genre de cas, le film de contamination.
Alors qu’un virus a changé une bonne partie de la population en malades déments, Daniel, à cours d’essence, finit par échouer dans la ferme familiale d’April, une jeune fille rendue farouche et peu causante par la solitude et par les sacrifices de la survie. Dans cette campagne peu peuplée, les attaques sont rares mais le danger reste omniprésent, ce qui permet néanmoins aux deux rescapés de vivre plus ou moins normalement sans craindre de risque de contamination. Mais l’arrivée de Kate, jeune infirmière en errance, risue de semer le trouble dans leur tranquillité.

Filmé à l’épaule en DV, The Dead Outside s’applique à suivre ses protagonistes en plan rapproché, en opposition à l’immense vide qui les entoure. La réalisatrice a adopté pour une photo aux teintes  froides, avec une dominante de bleu, comme si la vie post Apocalypse ne pouvait évoluer que sous un soleil glacé qui ne réchaufferait plus la terre ni les âmes désespérées. En prenant le parti pris de situer son action après le plus fort de l’épidémie, Kerry Ann  Mullaney cherche à dépeindre ses personnages dans l’après coup: l’après coup de l’effondrement de la société, de la mort des siens, de la difficile reconstruction de soi comme de sa vie. Que ce soit par d’habiles flashbacks ou par des dialogues très descriptifs, la réalisatrice/scénariste nous fait découvrir les épreuves endurées à travers les yeux et la paroles de ses héros, palliant ainsi les scènes irréalisables avec un tel budget, comme Big George l’avait fait dans sa Nuit des Morts Vivants, se servant des narrations de ses personnages pour décrire des situations qui, à l’image, auraient explosé les finances imposées. Idée donc bien pratique mais fort peu originale, si l’on ajoute que la même année, Bruce McDonald utilisait le même ressort dans son excellent Pontypool, dont le script se prêtait parfaitement au jeu (la narration des faits étant faite par l’intermédiaire des intervenants d’une radio locale). Difficile de renouveller un thème maintes fois décliné et The Dead Outside perd ainsi pas mal en innovation.

L’isolation devenant ici garante de sécurité, le film perd en tension et manque ainsi cruellement de scènes de flippe. Pas de risque d’assiègement, donc pas de réelles menaces, pas de dilemmes pour les personnages donc pas de questionnement profond de la nature humaine, ces choix délibérément originaux de Mulaney qui cherche à prendre à contre pied les concepts phares du genre finissent par se retourner contre le film. Les contaminés, plus proches de ceux mises en scène dans la Nuit des Fous-Vivants de Romero que de ces chers zombies décomposés que l’on a l’habitude de voir, n’ont rien de la fureur sanguinaires des enragés de 28 Jours Plus Tard, ni  des barjos psychopathe de The Crazies. La menace est moins terrifiante, l’enjeu moins important (personne ne semble risquer de choper le virus) et le discours sous-jacent moins puissant.

Kerry Ann Mulaney livre un film intéressant graphiquement, déjouant les contraintes d’un petit budget sans pour autant parvenir à réinventer le thème.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.